国立情報学研究所 - ディジタル・シルクロード・プロジェクト
『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ
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| 0030 |
Mémoires Concernant l'Asie Orientale : vol.3 |
| 東アジアの記憶 : vol.3 |
引用情報
OCR読み取り結果
de Barhut (omis par Cunningham et que l'obligeance de M. Vogel nous
permet de reproduire ici pour la première fois), l'épisode est réduit à ses
éléments essentiels : le don, le donateur, le donataire. Sur le coin du linteau
de Sânchi, on voit deux fois l'éléphant, trois fois le prince et le brahmane.
Outre ce luxe de répétitions et le souci du décor, remarquez l'attitude passive
et plutôt édifiée du peuple et de la cour devant le geste inconsidéré par
lequel l'héritier présomptif dispose en faveur d'un étranger du plus précieux
trésor du royaume. Aucun spectateur ne songe à manifester la moindre
indignation, tant le sculpteur est devenu le complice inconscient du prince.
De même, quand il conte la renaissance du Bodhisattva comme fils d'une
antilope, il montre des scrupules de délicatesse tout à fait étrangers à celui
de Barhut (cf. pl. II, 3 et 4, et ci-dessous, p. 23). Enfin, dans la figuration
du Chaddanta-jātaka, tous les imagiers de Sânchi ont si fort le sentiment
d'aborder une composition archi-connue, qu'ils la traitent de façon pure-
ment décorative et se bornent à grouper un troupeau d'éléphants autour
du grand figuier des banyans mentionné par le texte. C'est à peine si celui
de la porte Sud, la plus ancienne des quatre, se donne encore la peine de
nous montrer dans un coin le chasseur d'ivoire. Ajouterons-nous inciden-
ment que, comme vient de le faire observer Sir John Marshall, il se
marque entre les divers morceaux de notables différences de technique¹, et
que l'auteur du linteau de la porte Ouest, non content de distribuer plus
habilement ses effets d'ombre et de lumière, n'a pas craint de présenter
une fois de face son héros (cf. pl. II, 8) ? Nous le ferons d'autant plus
volontiers que cela nous fournit l'occasion d'un rapprochement avec le
curieux effet de raccourci qu'a également tenté, dans une représentation de
la même scène, le décorateur d'une des anciennes grottes de l'Orissa (pl. II, 7).
Nous tenions en effet à signaler ici cette mine encore mal exploitée d'an-
ciennes légendes ². Mais pour fermer cette parenthèse et revenir à notre
constante préoccupation, nous ne pouvons nous défendre de conclure que,
si les vies antérieures figurent encore au répertoire de Sânchi, elles ne
sont plus utilisées qu'accessoirement, à titre surtout décoratif, comme
on ferait de sujets déjà rebattus et qu'on ne maintient en faveur qu'à force
de recherches pittoresques et grâce à une sorte de surenchère dans le sens
de l'édification.
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