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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0039 Mémoires Concernant l'Asie Orientale : vol.3
東アジアの記憶 : vol.3
Mémoires Concernant l'Asie Orientale : vol.3 / 39 ページ(白黒高解像度画像)

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doi: 10.20676/00000249
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OCR読み取り結果

rile de l'ermite, mêlé à son urine, et c'est ainsi qu'elle conçoit. Selon toute
vraisemblance, si la pierre n'était brisée, nous aurions assisté sur la gauche
de la planche IV, 3 à la scène qui se montre au milieu de la planche II, 3 et qui
est naturellement consécutive à la précédente, à savoir la mise au monde
de l'enfant par l'animal : car pourquoi reculer devant aucune circonstance,
si scabreuse soit-elle, une fois qu'il est convenu que le conte est édifiant ?
Toutefois, le sculpteur de Sânchi a cru devoir gazer davantage les choses
(pl. II, 4). Nous apercevons simplement la biche d'abord couchée, la tête
levée, aux pieds de l'ascète, et c'est la conception ; puis, debout derrière son
dos, et c'est l'accouchement : la preuve en est que l'enfant prend déjà son
bain dans un étang de lotus. Enfin nous revoyons ce dernier sur la gauche,
entre la hutte qui sert d'habitation et celle qui abrite le feu sacré. Son père
l'accueille d'un geste de surprise, et à bon droit : car, à l'imprévu de
sa naissance, il ajoute celui du bizarre appendice frontal qu'il a hérité de
sa mère¹. A Barhut l'usure de la pierre, au Gandhâra l'interruption de la
frise nous empêchent de savoir si les sculpteurs avaient également planté
une corne au beau milieu du front de leur héros. Le panneau de Sânchi,
sur lequel il ne semble pas qu'on ait encore attiré l'attention, permet au con-
traire de constater que Cornes-d'Antilope est déjà devenu Unicorne. Non
seulement l'explication rationnelle de son premier nom, qui a survécu dans
le commentaire du Jâtaka pâli, était dès lors bannie de la tradition con-
traire ² et remplacée par le mystère de sa procréation miraculeuse ³,
mais l'unique andouiller qui s'érige parmi sa flottante crinière ressemble
par avance à celui de notre licorne. Quant à son père, il garde partout le
chignon aux hautes torsades, la barbe longue et le sommaire costume qui
constituent le signalement traditionnel de l'anachorète brahmanique. Nous
n'insisterons pas davantage sur les détails accessoires du paysage, huttes,
sièges, feux et ustensiles du sacrifice, étang, arbres, animaux sauvages ou
apprivoisés, qui forment le décor accoutumé de tous les ermitages.

Les Kinnaras. — C'est aussi dans les forêts de l'Himavat que nous
transportent le double fragment identifié par M. J.-Ph. Vogel au Musée de
Calcutta et sa réplique du British Museum. Par la droite de celle-ci (pl. IV,