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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0040 Mémoires Concernant l'Asie Orientale : vol.3
東アジアの記憶 : vol.3
Mémoires Concernant l'Asie Orientale : vol.3 / 40 ページ(白黒高解像度画像)

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doi: 10.20676/00000249
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OCR読み取り結果

4 a) nous voyons arriver, en partie de chasse, un roi à cheval, l'arc sus-
pendu à l'épaule. Aucune escorte ne l'accompagne, et, dissimulé derrière
un arbre, il assiste aux ébats d'un couple deux fois répété et que nous re-
voyons encore sur la planche IV, 5 b. Sans défiance, l'homme ne songe, ici
comme là, qu'à toucher de la harpe, avec ou sans plectre, tandis que sa com-
pagne prend au son de sa musique les poses plastiques dont la succession
répond à la conception indienne de la danse. Mais déjà, sur la gauche de la
planche IV, 5, le roi est embusqué derrière un rocher, l'arc tendu (a). Les
amateurs d'antiquités, non contents d'étudier le mode de fabrication de la
harpe, remarqueront encore la forme particulière de cet arc à double cour-
bure renflée, ainsi que le lourd carquois, apparemment fait d'un double
bambou, qui pend au côté du chasseur. Intervient un arbre, et la scène
change (c). Frappé à mort, le musicien a laissé échapper son instrument et
est étendu tout de son long, fort gauchement d'ailleurs, le nez par terre. Son
épouse, accroupie près de son cadavre, se lamente sans prendre garde au roi
qui, son arc dans la main gauche, lui pose la main droite sur le bras comme
pour l'entraîner. Mais bientôt (d), redressée, elle rejette avec indignation
les propositions du meurtrier qui veut en faire sa reine... La cassure de la
pierre nous empêche d'être témoins de la résurrection de la victime : mais
déjà il est hors de doute que ces débris de frise représentent, comme l'a bien
vu M. J.-Ph. Vogel, l'aventure narrée par le Canda-kinnara-jâtaka (nº 485
du recueil pâli).

Le renseignement le plus intéressant que puissent nous fournir ces
scènes pittoresques ou dramatiques, concerne évidemment l'image qu'on
se faisait de ces mystérieux génies de la forêt. Leur nom seul (kim-nara)
nous avertit qu'ils n'étaient hommes qu'à demi. Sur la planche IV,
4 et 5, ils le sont pourtant des pieds à la tête : et c'est évidemment la
façon la plus naturelle de justifier la passion qui, à la vue de la Kinnari,
s'allume dans le cœur du roi de Bénarès et le pousse à ce crime dont il ne
devait pas recueillir le fruit. Mais il est non moins certain que l'iconogra-
phie bouddhique postérieure leur prête régulièrement un buste humain
avec des ailes et des pattes d'oiseau. Tel est, par exemple, le cas du Boro-
Boudour¹ : et, ajoutons-le en passant, sur les deux bas-reliefs contigus qui
leur sont consacrés et où tout se passe aux écoutes ou en conversations,