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0045 Mémoires Concernant l'Asie Orientale : vol.3
東アジアの記憶 : vol.3
Mémoires Concernant l'Asie Orientale : vol.3 / 45 ページ(白黒高解像度画像)

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doi: 10.20676/00000249
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OCR読み取り結果

aujourd'hui à propos d'un spécimen encore inédit de jātaka entré au musée
Jacquemart-André de Châalis (pl. IV, 7).

L'art bouddhique de la Birmanie n'a en effet rien produit de plus
curieux, ni, en un sens, de plus original que ces séries de bas-reliefs en terre
cuite, figurant la suite des jātaka. Ces œuvres, relativement modernes, sont
extrêmement schématiques ; mais l'excès même de leur stylisation a con-
traint leurs auteurs à ressusciter un procédé d'identification depuis long-
temps aboli. Comme les vieux médaillons de pierre de Barhut, les carreaux
de brique de Pagan portent une inscription qui en énonce le sujet. Seule-
ment, après tant de siècles d'intervalle, la systématisation des écritures
bouddhiques, jointe à la diffusion du canon singhalais dans la péninsule
indo-chinoise, veut que ce titre soit régulièrement emprunté au commen-
taire du Jātaka pāli, et qu'il s'y ajoute même, pour plus de sûreté, le numéro
du recueil. Les plaques, de forme rectangulaire, s'espaçaient ainsi à inter-
valles fixes et dans un ordre déterminé à l'avance, tout autour des sanc-
tuaires. Parfois elles étaient abritées sous des galeries couvertes, et, en ce
cas, l'on ne prenait pas la peine de les vernisser ; mais, le plus souvent, elles
s'encastraient dans le mur extérieur des terrasses, et c'est sans doute pour
les préserver contre les intempéries qu'on les recouvrait d'un émail ordinai-
rement verdâtre ou brun.

Nous trouvons aujourd'hui l'emploi décoratif de ces terres cuites
répandu sur tout le territoire de la haute et basse Birmanie, depuis Pégou
jusqu'aux abords de Mandalay. Les plus anciens spécimens connus sont
ceux de Pagan : ils ne remonteraient pas au delà du XIe siècle. Mais le
regretté Ed. Huber ¹ a déjà fait observer qu'il y a de bonnes raisons pour ne
pas attribuer aux anciens Birmans l'invention de ce mode de décoration.
Les bas-reliefs qui décorent les galeries supérieures et la base de l'Ananda-
Paya portent en effet des sortes de sous-titres rédigés en talaing. Comment
expliquer la présence de ces légendes pégouanes sur le monument le plus
important que nous ait laissé la dynastie birmane de Pagan, à moins d'ad-
mettre que les envahisseurs birmans aient emprunté à la fois au Pegou
cette technique et la main-d'œuvre capable de l'exécuter ? Tel est aussi
l'avis de M. Ch. Duroiselle². Lui non plus ne croit pas que « l'art de fabri-
quer ce genre de bas-reliefs fût connu à Pagan avant 1057 A. D., l'année où