国立情報学研究所 - ディジタル・シルクロード・プロジェクト
『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ
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| 0053 |
Mémoires Concernant l'Asie Orientale : vol.3 |
| 東アジアの記憶 : vol.3 |
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OCR読み取り結果
apprenons, dès l'abord, que les jātaka ont été la grande mine de sujets
exploitée par les sculpteurs de Barhut : le soin qu'ils ont si souvent pris
d'en graver le titre à côté de l'image force même à se demander si, en
cette affaire, ils n'ont pas été des initiateurs. Ont-ils aussitôt trouvé beau-
coup d'imitateurs dans l'Inde ? Nous ne saurions être très affirmatifs sur
ce point. Les débris de balustrade de Bodh-Gayâ et de Mathurâ donnent
à le croire : mais, un peu plus tard, sur le groupe des quatre grandes
portes de Sânchî nous ne relevons que cinq renaissances, et nous n'en
récoltons guère plus parmi les débris d'Amarâvatî. Quand enfin sur toute
l'étendue de l'ancien Gandhâra nous n'arrivons pas, après plus de cin-
quante ans de recherches, à en compléter la douzaine, il faut avouer que
tout se passe comme si ce genre de sujets avait subi une éclipse passagère
dans l'école gréco-bouddhique. De cela aussi nous avons cru entrevoir une
raison¹. Après tout, dans l'esprit des donateurs, aucune des vies du Buddha
ne l'emportait en édification sur la dernière : les sculpteurs gandhâriens, à
qui la création du type du Maître fournissait enfin le moyen de figurer tous
les miracles de sa carrière, ont eu assez à s'occuper de cette tâche et y ont
trouvé tout ce dont ils avaient besoin pour la décoration des sanctuaires
locaux. Le témoignage des dernières trouvailles tend même à accréditer
l'idée qu'à de rares exceptions près², ils ne se sont souvenus des vies
antérieures que comme d'un pis-aller pour revêtir les surfaces verticales,
aussi longues qu'étroites, de leurs escaliers. Si plus tard l'on oubliait les
fresques d'Ajantâ et qu'on continuât à s'en fier au résultat actuel des fouilles,
on jurerait volontiers, devant l'absence quasi totale de bas-reliefs figurant
des jātaka, que les écoles de l'Inde médiévale avaient achevé de laisser tom-
ber en désuétude cette vieille forme de l'imagerie populaire. C'est seulement
en Sérinde et en Insulinde que les contes auraient retrouvé toute leur vogue
d'antan, jusqu'à ce qu'enfin nous voyions réapparaître sur les panneaux de
Birmanie, par un curieux phénomène de régression vers le type ancestral,
le système de composition schématique et les inscriptions explicatives des
plus vieux modèles indiens.
On ne peut nier qu'à compter ainsi sur ses doigts, tout ne devienne
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