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0236 Mémoires Concernant l'Asie Orientale : vol.3
東アジアの記憶 : vol.3
Mémoires Concernant l'Asie Orientale : vol.3 / 236 ページ(白黒高解像度画像)

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doi: 10.20676/00000249
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OCR読み取り結果

21. Passages parallèles (cf. la note précédente):
WIEGER, 1208. 令召啓奏迷達祗御太上無極
大道吳天玉皇上帝御前; WIEGER, 1278. 令
召啓奏迷達祗御太上無極大道至眞玉
帝御前。

22. Il semble que chaque officiant ait annoncé
à la divinité qui il était, quelles étaient les dates de
sa naissance et de son entrée en religion. Après
quoi était prononcée la prière dont on va lire le
texte.

23. Dans une inscription de l'année 678 sur les
stèles accoupées du T'ai chan (cf. p. 70), un re-
ligieux taoïste porte le titre de 大洞三景法師;
une inscription de 704, appartenant au même
groupe (cf. p. 70) nous fournit le titre 女都大洞
叁景弟子; et dans une autre inscription qui pa-
raît devoir être reportée à l'année 772, on lit 上
清女都大洞三景弟子; ce dernier titre se re-
trouve dans C. T., 458, fasc. 9, p. 7). Pour expli-
quer cette terminologie, il faudrait faire tout un
cours de métaphysique taoïste; je me bornerai à
rappeler que chang t'ing 上清 est le nom de la
seconde des trois sphères de pureté 三清; c'est
celle à laquelle préside le Ling pao kien 靈寶君;
Hiuan-tou 女都 est la résidence de la divinité; la
se trouve la montagne Yu king 玉京山 qui est au
centre du ciel Tao 大虛之中 (WIEGER, 594; C.
T., 155, fasc. 1, p. 8). Quant aux trois Profondeurs
三洞, elles correspondent respectivement aux trois
sphères de pureté 三清: la essence profonde 洞眞
correspond à la sphère de la Pureté de jade 玉清;
le mystère profond correspond à la sphère de la
Pureté supérieure 上清; le divin profond 洞神
correspond à la Pureté suprême 太清 (cf. aussi
p. 197, n. 8). L'expression ta tong 大洞 réunit
en elle les trois Profondeurs. Quant au terme
san king 三景, il désigne les trois Clartés qui
illuminent les trois Profondeurs.

24. Le rituel que nous traduisons se rapporte
à une cérémonie qui devait être célébrée sur un
des cinq pics sacrés 五嶽; or il y avait pour chaque
pic un religieux taoïste 先生 ou 道士 qui lui était
spécialement affecté; dans les stèles jumelles de
T'ai yo kouan, nous trouvons mentionnés le 東岳
先生 (p. 68), le 中岳先生; le T'ang houi
yao (chap. 1, p. 6) parle du 衡嶽道士. Dans
notre texte, le religieux qui est à la tête des offi-
ciants prend le titre de a sien cheng de tel Empe-
reur de tel Pic »; quel est le rôle de cet Empereur?
Pour l'expliquer, il faut rappeler un décret de l'an-
née 721 qui nous montre comment le Taoïsme a
opéré sa mainmise sur le culte des montagnes en
substituant aux divinités purement naturistes les
divinités imaginées par sa propre mythologie; ce
décret se trouve dans le T'ang houi yao (chap. 1,
p. 20): « La neuvième année K'ai-yuan (721), le
douzième mois, Sseu-ma Tch'eng-yuan 司馬承貞,
religieux taoïste de la montagne Tien-t'ai 天台
山道士, s'adressa à l'Empereur pour dire: « Main-

tenant, en ce qui concerne les sacrifices aux dieux
des cinq pics, les dieux des montagnes et des fo-
rêts ne sont pas les dieux corrects et véritables.
Pour chacun des cinq pics, il y a une administra-
tion profonde 洞府 et il y a un Homme véritable
du domaine de la Pureté supérieure 上清眞人
qui condescend à y exercer les fonctions qui relè-
vent de cette administration: les montagnes et les
cours d'eau, le vent et la pluie, le yin et le yang, la
succession des saisons sont ce qu'il dirige; coiffé
du chapeau mien et vêtu de la robe ornée des sym-
boles 冕旒章服, il est entouré et accompagné
des dieux et des immortels qui tous portent des
noms et sont en nombre déterminé. Je propose
d'établir pour lui un lieu particulier de culte ».
L'Empereur trouva remarquable cette explication
et il ordonna que sur chacun des cinq Pics on
établît un sanctuaire du Seigneur véritable 眞君
祠 ».

Comme on le voit par ce texte, le Taoïsme a ob-
tenu en 721 que toutes les divinités naturistes fus-
sent considérées comme subordonnées à un person-
nage de la mythologie taoïste ayant le titre
d'Homme véritable, et le gouvernement chinois, en
approuvant cette manière de voir, éleva tout aus-
sitôt le rang de ce personnage en lui décernant le
titre de Seigneur véritable 眞君.

Cette divinité était « coiffée du chapeau mien
et vêtue de la robe ornée des symboles », c'est-à-
dire qu'elle avait droit aux attributs impériaux; elle
était en effet l'Empereur de la couleur correspon-
dant au Pic auquel elle présidait; c'est ainsi que la
divinité taoïste du T'ai chan était l'Empereur vert
青帝; nous le rencontrons avec ce nom dès l'an-
née 573, p. C. (cf. mon T'ai chan, p. 120); à partir
du décret de l'année 721 l'Empereur du Pic fut con-
sidéré comme supérieur aux dieux locaux de la
montagne et c'est pourquoi, dans le rituel de Tou
Kouang-t'ing, le religieux taoïste affecté à tel Pic est
plus spécialement affecté à tel Empereur de tel Pic.

25. Je n'ai trouvé aucune explication de la for-
mule 小祗眞人.

26. C'est ici qu'apparaît le but principal que se
propose l'officiant.

27. Cf. p. 209, n. 43.

28. C'est là la formule taoïste des trois Refuges
三歸; mais, tandis que, dans le Bouddhisme les
Refuges sont au nombre de trois parce que le fidèle
se confie dans le Buddha, le dharma et le sangha,
le Taoïsme considère qu'il y a trois Refuges parce
qu'il confie au tao son corps, son âme et sa des-
tinée.

29. Toute cette fin, depuis les mots « à grand
tao sans supérieur », se retrouve avec quelques lé-
gères variantes, dans WIEGER, 1208, C. T., 444,
fasc. 8, p. 21°.

30. Ceux du corps, de la parole et de la pensée.

31. Les textes véritables sont les talismans ma-
giques appelés fou 符; le diagramme qui forme