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Digital Archive of Toyo Bunko Rare Books
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| 0044 |
Mémoires Concernant l'Asie Orientale : vol.3 |
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tifier cette apparente disparition des « vies antérieures ». Il s'est sûrement
produit dans les écoles médiévales de l'Inde — au moins en ce qui con-
cerne la seule branche de leur activité dont nous puissions parler en con-
naissance de cause — une diminution du nombre des bas-reliefs narratifs
correspondant à la multiplication des idoles. Tandis que foisonnent les
images des Buddhas et des Bodhisattvas mahāyānistes, la représentation de
la vie dernière du Maître tend à se réduire sur les stèles à la répétition sté-
réotypée des quatre ou des huit grands miracles. Dans cet allègement
général du répertoire légendaire au profit de l'iconographie, comment les
jātaka n'auraient-ils pas été jetés les premiers par-dessus bord?... C'est
possible. Gardons-nous toutefois de sauter trop hâtivement à des conclu-
sions trop absolues. La sculpture sur pierre est assurément ce qui se con-
serve le mieux, et même à peu près tout ce que permet de conserver le climat
de l'Inde: mais elle ne saurait avoir la prétention de représenter à elle seule
l'œuvre d'aucune école d'art. Il se peut très bien que l'usage médiéval, à
Bénarès comme au Magadha, ait été simplement de n'employer à la figura-
tion des contes relatifs aux vies antérieures que des procédés plus expéditifs
que la sculpture et des matériaux moins durables, mais aussi moins coûteux
que la pierre. Cela s'est fait ailleurs. Qu'aurions-nous à dire des jātaka dans
l'art de l'Asie centrale si la sécheresse du désert n'avait préservé jusqu'à
nous les fresques du Turkestan? Remarquez d'ailleurs que, dans les fa-
meuses grottes d'Ajantā, parmi les rares vestiges qui nous soient parvenus
de la peinture indienne, les vies antérieures tiennent un rang des plus
honorables puisqu'il serait facile d'en énumérer déjà une douzaine¹. D'autre
part le développement considérable qu'a pris dans l'Inde transgangétique la
coutume de les représenter sur des panneaux de terre cuite fait véhémente-
ment soupçonner qu'une mode analogue a dû également exister dans le
bassin du Gange. Sur ce dernier point, les rapports annuels de l'Archæolo-
gical Survey nous ouvrent d'intéressantes perspectives. En attendant la
publication des diverses missions en Asie centrale² et l'apparition de l'album
du Boro-Boudour, c'est sur cette école birmane que nous voudrions insister
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