National Institute of Informatics - Digital Silk Road Project
Digital Archive of Toyo Bunko Rare Books
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| 0047 |
Mémoires Concernant l'Asie Orientale : vol.3 |
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les débris d'une série de jātaka en terre cuite, ancêtres directs de ceux de
Suvarnabhūmi ¹.
Quelle que fût d'ailleurs l'origine de ces derniers, ils devaient inévita-
blement prendre entre les mains des Talaings et des Birmans un style de
leur crû ; et, dans cette mesure, il est parfaitement loisible de parler, avec
M. Duroiselle, d'une « école de Pagan ». Le développement de celle-ci tient
tout entier dans une période d'un peu plus de deux siècles, entre la con-
quête de Thatôn par les Birmans (1057) et celle de Pagan par les Mogols
(1284), et il nous ferait assister, si l'on peut ainsi dire, à la « birmanisation »
croissante de l'art bouddhique du Pégou. Au cours de la seconde moitié du
XIe siècle, les artistes pégouans ramenés par Anawratha dans sa capitale
auraient d'abord exécuté pour lui les plaques nues et uniquement accompa-
gnées d'inscriptions pâlies des deux pagodes de Pet-leik (cf. pl. IV, 6)² ;
puis, pour lui encore et son successeur Kyanzittha, les plaques émaillées et
seulement pâlisantes du Shwe-Zigon ; enfin, pour ce dernier seulement, les
plaques très analogues, mais parfois accompagnées de titres talaings, de
l'Ananda-Paya. Au bout de quelques générations, les modeleurs ainsi réqui-
sitionnés auraient entièrement passé la main à leurs apprentis birmans :
sur les carreaux vernissés du Dhammarājika-Cetiya, à la fin du XIIe siècle, et
du Maṅgala-Cetiya, au milieu du XIIIe siècle, nous ne lisons plus, en dehors
des titres pâlis, que des gloses birmanes (cf. pl. IV, 8 et fig. 5).
Mais ce qui nous intéresse particulièrement ici, c'est de déterminer aussi
exactement que possible, dans le cadre que nous venons de tracer, la place
du spécimen reproduit sur la planche IV, 7. Si peu avancée que soit l'étude
de l'art birman, les éléments d'appréciation ne nous font pas entièrement
défaut. Des nombreux sanctuaires de la vieille cité de Pagan, seuls l'Ananda-
Paya et le Shwe-Zigon ont gardé à peu près au complet la suite décorative
de leurs 547 ou 550 jātaka. L'action des forces naturelles et le vandalisme
des hommes ont en grande partie détruit ou dispersé les autres séries. Plus
d'une centaine de bas-reliefs enlevés au Maṅgala-Cetiya sont ainsi entrés au
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