National Institute of Informatics - Digital Silk Road Project
Digital Archive of Toyo Bunko Rare Books
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| 0049 |
Mémoires Concernant l'Asie Orientale : vol.3 |
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le témoignage de nos yeux. Qu'on rapproche, par exemple, de notre
planche IV, 7, l'un des bas-reliefs du Maṅgala-Cetiya publiés par M. Ch. Du-
roiselle, où figurent justement le même héros et le même arbre (pl. IV, 8).
Mais la ressemblance est particulièrement frappante avec l'un des dessins de
M. A. Grünwedel (cf. fig. 5 b). D'un côté comme de l'autre on aperçoit un
personnage accroupi dans sa maison et en conversation avec deux autres
personnages pareils, ceux-ci agenouillés, et que sépare ici un arbre, là un
parasol. Il est visible que tout est traité, jusque dans le dernier détail, selon
les mêmes formules stéréotypées. Il est non moins évident qu'une repré-
sentation aussi schématique demeurerait une énigme insoluble pour le spec-
tateur. En fait, nous constatons qu'elle sert à représenter indifféremment
des renaissances différentes. Quant à savoir lesquelles, les inscriptions
sont là pour nous le révéler. Elles se lisent respectivement :
[Pl. IV, 7] Hatthipāla-jat. Rasiy. 509.
[Fig. 5 b] Mahāmaṅgala-jat. Rasiy. 453.
[Pl. IV, 8] Bandhānākāra-jat. Phurháloṅ rasiy. 201.
Les deux premiers jātaka n'ont en somme qu'un trait commun entre
eux et, à plus forte raison, avec le troisième : le Bodhisattva (Phurháloṅ)
était alors un rishi, ou comme nous dirions, un saint anachorète.
Cette indication vaut la peine de nous arrêter un instant. Elle nous donne
en effet l'explication de la bizarre coiffure commune à nos personnages
masculins. Tous portent un double chignon relevé en forme de cornes de
chaque côté de la tête. Nous ne nous rappelons pas d'avoir aperçu dans
l'art indien, où le type de l'anachorète brahmanique est fréquemment figuré,
aucun arrangement analogue de la chevelure. Il semble toutefois que cette
mode n'ait pas été ignorée de l'Inde ancienne et que le souvenir s'en soit con-
servé, au moins dans le langage. Nous faisons allusion au nom, bien connu
de la vieille littérature, du rishi « Cornes-d'Antilope noire » (Ricya* ou
Rishya-cringa, pāli Isisinga), que le commentaire du Jātaka explique encore
en disant : « Sur son front se dressaient deux chignons en forme de cornes
d'antilope, et c'est pourquoi il était ainsi appelé ¹. » On ne saurait imagi-
ner interprétation plus rationnelle de cette dénomination, ni, du même
coup, de la coutume reflétée par nos sculptures. Toutefois, ne l'oublions pas,
il resterait à justifier l'étrange survivance dans l'art moderne de la Birmanie
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