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0095 Mémoires Concernant l'Asie Orientale : vol.3
Mémoires Concernant l'Asie Orientale : vol.3 / Page 95 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000249
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le Wang mou tch'e 王母祠, on découvre soudain un grand bassin rectangu-
laire dont la balustrade et le pont de pierre décèlent une illustre origine ; ce
bassin, qui a donné son nom au temple actuel, faisait partie autrefois du Taï
yo kouan ; il était consacré à la fabuleuse divinité féminine, la vénérable
reine d'Occident, qui possède tous les joyaux des monts Kouen-louen ; il était
connu autrefois sous le nom d'étang des joyaux 瑤池. Plus à l'Ouest, dans la
cour de ce qui est aujourd'hui un petit sanctuaire de Lao tseu 老君堂, nous
apercevons un autre vestige du Taï yo kouan ; ce sont les deux stèles
jumelles placées côte à côte dans un même chapiteau : on les appelle aussi
parfois 鴛鴦碑, parce qu'elles sont inséparables comme le sont, suivant la
tradition, le canard mandarin et sa femelle ; sur leurs faces méridionale et
septentrionale et sur leurs tranches extérieures, on déchiffre vingt-sept
petites inscriptions, qui se répartissent entre les années comprises de 661 à
798, et qui se rapportent plus ou moins directement aux cérémonies taoïstes
qu'on accomplissait sur le T'ai chan ; au cours de ces cérémonies, le jet des
dragons était effectué dans l'étang des joyaux.

Lors de ma seconde visite au T'ai chan, j'ai estampé, le 21 juin 1907,
les stèles accouplées du Taï yo kouan ; les textes qui sont reproduits et tra-
duits ci-dessous ont été signalés par plusieurs épigraphistes ; mais le pre-
mier qui les ait transcrits est T'ang Tchong-mien 唐仲冕 dans le chapitre XII
de son Tai lan 岱覽, rédigé en 1783 ; elles ont été de même intégralement
publiées par Wang Tch'ang 王昶 dans le chapitre LIII (p. 4ab) du Kin che
tsouei pien 金石萃編.

§ 1¹.

La sixième année hien-k'ing², le vingt-deuxième jour du deuxième mois (27 mars
661), un édit impérial a chargé le religieux taoïste sien cheng³ du Pic de l'Est,
nommé Kouo-Iling-tchen 郭行真, et ses disciples Tchen Lan-mao 陳蘭茂, Tou Tche-
kou 杜知古 et Ma Tche-tche 馬知止, de s'acquitter du soin, pour le bénéfice de