National Institute of Informatics - Digital Silk Road Project
Digital Archive of Toyo Bunko Rare Books

> > > >
Color New!IIIF Color HighRes Gray HighRes PDF   Japanese English
0141 Mémoires Concernant l'Asie Orientale : vol.3
Mémoires Concernant l'Asie Orientale : vol.3 / Page 141 (Color Image)

New!Citation Information

doi: 10.20676/00000249
Citation Format: Chicago | APA | Harvard | IEEE

OCR Text

d'un moment, il fit amener devant lui le père de (Ts'ai) King et son frère aîné. Puis il
envoya un homme demander de ses nouvelles à la vénérable Ma — personne d'ail-
leurs ne savait quelle divinité était la vénérable Ma — en lui disant : « Wang Fang-
p'ing avec respect vous annonce ceci : depuis longtemps il ne circule plus parmi les
hommes ; maintenant il est venu ici ; il pense à la vénérable Ma ; pourrait-elle venir
quelques instants ? » Peu de temps après la réponse revint — on n'entendit que les
paroles, mais on ne vit pas l'envoyé ; — elle était ainsi conçue : « La vénérable Ma
vous salue à plusieurs reprises; elle ne vous a pas vu depuis bientôt plus de cinq
cents années; il y a une hiérarchie entre ceux qui sont honorés (comme vous) et ceux
qui sont dans une situation inférieure (comme moi) : (j'aurais donc voulu venir vous
rendre hommage), mais je n'ai pas trouvé le moyen de vous manifester mon respect;
j'étais tourmentée depuis longtemps en pensant à vous; quand votre message m'est
parvenu ici, j'étais montée au sommet d'une montagne¹, et j'avais auparavant reçu
l'avis que je devais examiner ma conduite à P'ong-lai 蓬萊²; maintenant je désire
m'y rendre pour un moment; après quoi je reviendrai; quand je serai revenue, j'irai
aussitôt en personne vous rendre visite. Je voudrais que vous ne partiez pas immédia-
tement. » Deux heures³ s'écoulèrent ainsi, et la vénérable Ma arriva; au moment où
elle arriva, on entendit aussi par avance le bruit que feraient des hommes et des
chevaux; lorsqu'elle fut venue, (on constata que sa suite officielle était moitié
moindre que celle de (Wang) Fang-p'ing. Quand la vénérable Ma fut venue, Ts'ai King et
sa famille la virent aussi : c'était une belle femme d'environ dix-huit ou dix-neuf ans;
au sommet de la tête, elle s'était fait un chignon; ses autres cheveux pendaient jus-
qu'à ses reins; ses vêtements avaient des dessins et des emblèmes; cependant ils
n'avaient pas d'ornements ni de broderies; la splendeur de tout cela éblouissait la
vue, et on ne pouvait la décrire par des mots; jamais il n'y eut choses pareilles dans
ce monde. Quand dame Ma fut parvenue à être en présence de (Wang) Fang-p'ing,
celui-ci se leva en son honneur. Quand ils eurent pris leurs places, on apporta à
chacun d'eux de la cuisine de voyage; les plats étaient d'or et les gobelets de jade;
innombrables étaient les mets excellents : la plupart étaient des fleurs de toutes
sortes, dont le parfum se répandait au dedans et au dehors; on dépeça de la viande
de licorne (lin 麟) et on la fit passer. Dame Ma dit elle-même : « Depuis que j'ai été
reçue par vous, j'ai vu trois fois la mer orientale se changer en champ de mûriers⁵,