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0233 Mémoires Concernant l'Asie Orientale : vol.3
Mémoires Concernant l'Asie Orientale : vol.3 / Page 233 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000249
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aussi de l'émanation unique : « Les trois émana-
tions sont l'émanation profonde qui est bleue,
l'émanation originelle qui est jaune, l'émanation
primitive qui est blanche 三氣者。玄氣青。元
氣黃。始氣白。(cf. Wieger, nº 1294; C. T.,
boite 431, fasc. 2, p. 20°). » Le tao est d'abord une
émanation unique qui n'a forme ni nom ; cette
émanation unique se divise en trois et ainsi se
constituent les trois émanations qui sont la pro-
fonde, l'originelle et la primitive : 差以道本一
氣。無形無名。一氣分三。遂竅玄元始
三氣。(cf. Wieger, nº 1296; C. T., boite 438,
fasc. 4, p. 7°). Les trois émanations sont un autre
aspect des trois divinités suprêmes. — Les divi-
nités (T'ien-tsuen) des trois pureté et des trois
domaines, qui ne sait qu'elles ne sont autres
que les trois émanations, la profonde, l'originelle
et la primitive ? Mais ces émanations en se con-
crétisant prennent forme ; en se dispersant, elles
redeviennent des émanations : 三洞三境天尊
人孰不知是竅玄元始三氣。但氣凝則
竅形。散則復竅氣。(cf. Wieger, nº 1294 ;
C. T., boite 421, fasc. 2, p. 10°). Ainsi les trois éma-
nations 三氣 sous leur aspect concret ne sont au-
tres que les trois divinités suprêmes 三尊.

Cherchons à expliquer maintenant le terme 太
上老君. Dans certains cas, cette dénomination
est appliquée au personnage appelé Lao tseu, par
exemple, dans la phrase suivante, qui fait allusion
au fait que la dynastie T'ang se prétendait issue
de Lao tseu : « La destinée glorieuse de l'ang est
la sainte descendance du T'ai chang lao kün Li
Tan, l'annaliste des Tcheou » 大唐運興盖太上
老君周師 (lisez 史) 李迥之零靈也。(Pien
tcheng louen, dans Tripitaka de Tokyo, xxxvii, 8,
p. 44°, col. 9). Mais Lao tseu n'a été qu'une incar-
nation de l'ai chang lao kün ; au point de vue tran-
scendant, cette entité peut être considérée comme
multiple : c'est ainsi que le taoïsme parle souvent
des 五靈老君 ; les 五靈 sont les cinq Empe-
reurs qui correspondent aux quatre points cardi-
naux et au centre : 五靈五帝也 (ibid., xxxvii,
8, p. 46°, col. 9) ; ou encore, les T'ai chang lao kün
représentent les trois souverains 三皇 qui peuvent
être rapprochés des trois principes suprêmes du
taoïsme ; cette incertitude de la terminologie ex-
plique pourquoi la formule que nous expliquons
et qui se retrouve très fréquemment dans la litur-
gie taoïste, se présente sous diverses rédactions :
tantôt le début est identique à celui que nous avons
ici (cf. C. T., boite 442, fasc. 4, p. 3°; boite 438,
fasc. 8, p. 2°, etc.) ; tantôt il commence par les
mots 太上玄元五靈老君三氣正神急召
出… « Que les tao kün des cinq divinités, de la
profonde (émanation) et de l'originelle suprême, les
dieux en titre des trois émanations, évoquent
promptement et fassent sortir... » (cf. Wieger, 1270;
C. T., boite 438, fasc. 2, p. 13°°; Wieger, 1272;
C. T., boite 438, fasc. 5, p. 1°, etc.) ; tantôt aussi ce

début assimile les T'ai chang lao kün aux T'ai chang
tao kün : 太上道君三氣太上道君太上老君
召出… « Que les tao kün suprêmes, lao kün su-
prêmes des trois cieux sans supérieurs, des trois
influences qui sont la profonde, l'originelle et la
primitive, évoquent et fassent sortir... » (cf. Wie-
ger, 1908 ; C. T., boite 442, fasc. 5, p. 3°, p. 45°,
fasc. 28, p. 6°, fasc. 8, p. 2°, etc.) ; tantôt
enfin les T'ai chang lao kün seuls subsistent : 無
上玄元太上道君召出… « Que les tao kün
suprêmes de la profonde et de l'originelle sans su-
périeures évoquent et fassent sortir... » (cf. Wieger,
1294 ; C. T., boite 436, fasc. 6, p. 36°).

Sous toutes ces variantes, l'idée est la même :
l'officiant commence par demander aux divinités
suprêmes du taoïsme, qui n'en sont qu'une dans le
fond, mais qui peuvent être conçues soit comme
trois, soit comme cinq, d'évoquer et de faire sortir
de son corps les pouvoirs magiques qui y sont con-
tenus.

9. Nous avons affaire ici à une conception fort
curieuse de la religion taoïste ; les prêtres sont con-
sidérés comme renfermant dans leur corps des di-
vinités ou plutôt des fonctionnaires divins qu'il
faut faire sortir pour les charger d'aller annoncer
aux dieux de l'extérieur la cérémonie religieuse
qui va être accomplie. Le premier acte de cette cé-
rémonie, celui qui concerne la prière même que
nous traduisons, consiste donc à « faire sortir les
fonctionnaires » 出官, c'est-à-dire à tirer du corps
du prêtre les génies qu'il renferme ; de même,
comme on le voit par d'autres rituels, le dernier
acte de la cérémonie consiste à les réintégrer
dans le corps du prêtre 納官.

La formule que nous avons ici pour « faire sor-
tir les fonctionnaires » peut être comparée à plu-
sieurs autres rédactions analogues, parmi lesquelles
nous en choisissons une qui est particulièrement
développée (Wieger, 1272 ; C. T., 438, fasc. 5, au
début) ; après avoir évoqué hors de son corps par
myriades innombrables des génies divers, l'officiant
ajoute : « Que ceux qui sont sortis soient en grand
appareil et en vêtements brillants, qu'ils aient le
bonnet, la ceinture et les brides de chapeau pen-
dantes, qu'ils disposent régulièrement leur cérémo-
nial majestueux, qu'ils se mettent en rangs leur es-
corte, que l'ordre de préséance soit bien observé,
qu'en masses épaisses ils soient debout, à leurs
places en avant et en arrière, à gauche et à droite
de nous, vos sujets ; que chacun d'eux tienne son
arme ou son sabre tourné vers le dehors ; qu'ils
rassemblent (顧一匕) au complet leurs glaives et
leurs hampes de lance ; que mille hommes chan-
tent à l'unisson et que dix mille voix leur corres-
pondent ; qu'ils se tiennent à trois pas de nous et
s'entre-regardent ; que les tche-che hong ta'ao 直使
功曹 portent sur leur tête le bonnet de la commu-
nication avec le ciel 通天之冠 ; que leur corp