National Institute of Informatics - Digital Silk Road Project
Digital Archive of Toyo Bunko Rare Books
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Inscriptions de l'Orkhon : vol.1 |
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de longueur et en diamètre un tiers de mètre; chacun des
deux bouts se terminait par une excavation quadrangulaire.
Nous approchions de l'Orkhon, qui se divisait ici en plusieurs
bras entourant de petites îles en partie couvertes d'arbres.
Plus loin dans la steppe se dessinaient les murs du couvent,
semblables à une rangée de tentes blanches. Vu des bords
élevés de la rivière au bas de la montagne ce site offrait un
charmant aspect. Après avoir traversé l'Orkhon à cheval nous
établîmes notre campement sur la rive droite, à deux ou trois
kilomètres du couvent; le trajet de Khara-balgasun n'avait
duré que 4½ heures.
À peine eûmes-nous dressé nos tentes et bu l'inévitable
thé, que les Finlandais, nous lançâmes nos chevaux à bride
abattue dans la direction du monastère, sur un sol jonché de
petits cailloux. Erdentsö est enclos de hautes murailles, qui
forment un carré percé de chaque côté d'une grande porte
en briques. Elles sont construites partie en terre glaise, partie
en briques. Les matériaux employés pour celles-là leur don-
nent extérieurement une apparence qui rappelle celles de
Khara-balgasun. Les parties faites de briques forment en quel-
que sorte des contre-boutants et supportent des tours revêtues
de platre, visibles à une grande distance et donnant alors au
couvent l'apparence d'un vaste camp de tentes blanches. En
face, sur l'autre bord de l'Orkhon et au pied des montagnes
verdoyantes, on aperçoit une ligne des maisonnettes en bois
habitées par des lamas; là se trouve aussi le temple de La-
mintsö. Le monastère d'Erdentsö même est exclusivement
composé de temples et d'habitations monastiques, parmi les-
quelles on remarque des tentes mongoles de façon ordinaire.
Les rues sont des passages étroits, dont les clôtures en plan-
ches se composent de poteaux posés côte à côte. Par-dessus
on remarque à quelques endroits des monceaux d'argal, en-
tassé là pour le chauffage pendant l'hiver.
Le lendemain on se mit à photographier plusieurs tem-
ples, et les moines que la curiosité rassemblait autour de nous.
Les gens mongols étaient fort aimables, et ici je fus pour la
première fois à même de photographier l'intérieur d'un sanc-
tuaire bouddhique. Nous ne rencontrâmes pas des disposi-
tions aussi favorables chez quelques ouvriers chinois occupés
à faire des réparations dans un temple; ils nous traitaient
tout bonnement de satanés russes, ce qui leur valut de la
part du chef de la caravane, qui savait le chinois, une bonne
paire de soufflets, devant l'entrée du temple, d'où nos Mon-
gols les forcèrent à s'éloigner.
Une particularité qui nous frappa, fut de voir quelques
lamas revêtus d'un costume qui les faisait ressembler aux
Grecs et aux Romains de l'antiquité. Leur robe avait la forme
d'une tunique sans manches, par-dessus laquelle ils portaient
un long châle jeté sur une épaule et formant des plis comme
ceux d'une toge. Leur coiffure était faite d'étoffe et se termi-
nait en haut par une crête, qui lui donnait l'air d'un casque
d'Achille. Leurs bras étaient nus et ils avaient les pieds
chaussés, non de sandales, mais de bottines à la chinoise.
Je ne vis là point de pierres avec des inscriptions jé-
nisséiennes; mais il y en avait qui portaient des inscriptions
tibétaines et autres, sûrement fort intéressantes, attendu
qu'elles remontent sans doute aux temps anciens.
En dehors des murs de Erdentsö s'élèvent plusieurs
éminences que l'on dit être des ruines; mais celles-ci parais-
sent insignifiantes en comparaison des remparts et des monti-
cules que l'on voit à Khara-balgasun. Le seul objet intéres-
sant, qu'il y est resté des temps passés, est une tortue de
pierre (tab. 64). Les cailloux qu'elle a sur son dos, y ont
probablement été placés par des Mongols, en témoignage de
leur vénération. Cette image sculptée paraît devoir son ori-
gine à des motifs religieux. Car en Chine, dans les anciens
temps, pour chaque entreprise quelle qu'elle fût les ministres
et les hauts fonctionnaires allaient consulter la tortue comme
un oracle. Chez les peuplades de l'Asie orientale il existait
de même des récits mythiques, dans lesquels il était parlé de
poissons et de tortues qui auraient formé des ponts sur les
rivières *.
III. Retour. Antiquités diverses dans la Transbaikalie.
Notre séjour à Erdentsö ne fut pas de longue durée;
nous en repartîmes le lendemain de notre arrivée e. à. d. le
30 Août dans l'après-midi, pour retourner directement à Ourga,
que nous atteignîmes après 4 jours de course à cheval. Nos
chariots de bagage étaient restés en arrière, et arrivèrent deux
jours plus tard. Le trajet du retour se fit donc beaucoup
plus rapidement que celui de l'Orkhon, qui nous avait pris
une dizaine de jours.
Cette fois nous nous arrêtâmes à Ourga 4 jours, soit du
4 au 8 Septembre. Ce temps fut employé, après que nous
eûmes pris le repos nécessaire, à faire tirer d'abord par le pho-
tographe de l'endroit la première copie de l'inscription chinoise
gravée sur le premier monument. Le drogman attaché au
consulat général en fit immédiatement une traduction que
S. E. S. Fédoroff promit d'expédier ensuite à Pékin pour y
être révisée. L'aimable hospitalité dont nous fûmes favorisés
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