National Institute of Informatics - Digital Silk Road Project
Digital Archive of Toyo Bunko Rare Books
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Inscriptions de l'Orkhon : vol.1 |
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Chez les Toukioux occidentaux il arriva de même quel-
ques années plus tard, que le khan Schabolo Achina Hélou
étant mort en 657, ses hauts-faits furent, par ordre de l'em-
pereur sans doute, retracés sur la pierre *.
Nous voyons donc par là, que la coutume d'éterniser sur
la pierre les événements de quelque importance, n'avait rien
d'extraordinaire. Klaproth raconte, que le général chinois Tsou-
hian, après avoir battu des Hioung-nou l'an 89 après J. Chr.
pénétra plus avant jusqu'au mont Yanjan, appelé à présent
Khangaï (Hangaï?), sur le sommet duquel il érigea un monu-
ment, avec une inscription qui attestait ses victoires **.
Toutefois le monument nestorien, élevé en 781 à Si-ngan-
fou ***, est celui auquel est attachée la plus grande renommée.
Mais l'on pourrait encore signaler d'autres inscriptions,
comme p. ex. celle-ci: lorsque l'empereur, dans une expé-
dition militaire entreprise l'an 440 après J. Chr. contre les
Joujans, étant parti du mont Soungui, marcha vers le Nord
sur les pentes occidentales des Monts Célestes, il fit graver
dans le roc sur une montagne les incidents de cette ex-
pédition. Dans les années 458 et 470 des inscriptions pa-
reilles furent faites au delà du grand désert et près de la ri-
vière Niou-chou.
Lorsque, l'an 666, une trentaine de personnes, parmi les-
quelles se trouvaient les princes toukioux Guélolon, Tchili et
d'autres encore, accompagnèrent l'empereur dans son pèleri-
nage au mont Taï-chan, pour y offrir un sacrifice, on ra-
conte, que leurs noms à tous furent taillés dans une pierre,
qui fut dressée sur la montagne en commémoration de cet
événement.
La défaite des Ouigours en 842 donna aussi naissance
à un monument à inscription, qui fut érigé à Youi-tchéï.
De même dans la Mongolie orientale il y avait de ces
monuments; du moins un de ceux-là, appartenant à la Gaolie,
est mentionné au 7e siècle †.
Mr Potanine parle également de deux inscriptions de
Mongolie taillées dans le roc, et d'une autre gravée sur une
statue de pierre, qui se trouve à l'endroit, où la rivière Telgir-
morin croise la route qui mène de Sanguine-daläi à Kassa-
gol *. L'une de ces inscriptions est celle que le voyageur re-
marqua sur la route, qui longe la limite septentrionale du Gobi
dans l'aride vallée de Souhaïti. A en juger d'après le dessin
joint à son récit, cette inscription paraît contenir des caractères
d'écriture iénisséenne. L'autre inscription est dite se trouver
sur l'une des parois de rocher, entre lesquelles la rivière de
Tougouriok se fraie un passage vers le Gobi au Nord du
village d'Adak à l'extrémité Nord-Est du Tian-chan **. Il est
regrettable que cette inscription ne soit pas mieux connue,
surtout comme le lieu où elle se trouve fait partie du terri-
toire occupé autrefois par les Ouigours Kaotchans.
Les annales de la Chine sont la source qui fournit les
meilleures indications propres à faire connaître l'histoire de la
Haute-Asie; mais avant toutes choses, il est nécessaire que des
recherches soient opérées sur les lieux mêmes. C'est faute d'en
avoir fait, que des monuments aussi remarquables que ceux
de l'Orkhon, dont au moins sont nommés dans l'histoire
de la Chine, ont néanmoins pu demeurer en réalité inconnus.
Les découvertes faites à l'Orkhon dans les années 1889 à
1891 ne manqueront pas de détruire bien des conjectures et
d'établir les recherches relatives à l'histoire de la Mongolie sur
une base nouvelle. C'était donc une prophétie que les paroles
suivantes de Mr Abel-Rémusat: «Nous savons que, suivant
l'usage de presque tous les peuples asiatiques, ils ont élevé
dans diverses parties de leur empire, des pi, c. à d. des obé-
lisques en pierre avec des inscriptions bilingues ou trilingues.
Il est infiniment probable que des recherches bien dirigées en
feraient retrouver quelqu'un, et une inscription de cette espèce
servirait mieux à la solution des questions qui viennent d'être
indiquées, que les raisonnements et les conjectures par lesquels
on a tâché de suppléer à la disette des monuments ***.»
V. Les Ouigours et le 3e monument. Kharakorum.
Par rapport aux Otkhors c. à. d. Ouigours l'histoire de
la Chine raconte, qu'ils habitaient primitivement les contrées
septentrionales des provinces de Ganzou et de Schansi, où ils
portaient le nom de Tchidis, ce qui en chinois signifie: les no-
mades rouges du Nord. De là ils furent repoussés dans la
steppe au 3e siècle avant J. Chr. et occupèrent ensuite le pays
situé à l'Ouest d'Ordos où ils étaient appelés Dilis. Ils parlaient
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