National Institute of Informatics - Digital Silk Road Project
Digital Archive of Toyo Bunko Rare Books
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Inscriptions de l'Orkhon : vol.1 |
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à peu près la même langue que les Huns (Hioung-nou).
Vers l'an 338 ils furent asservis par la dynastie Topo; mais
à la fin de ce même siècle ils allèrent s'établir dans la région
septentrionale du désert, et y reçurent le nom de Gaoghioui
(Dinlines) ou Gao-tche, qui veut dire en chinois «les hauts
chariots», tout en continuant de s'appeler Tchidi ou Télé. Leur
principale résidence était située sur la Haute Selenga. Plus
tard ils furent connus sous le nom de Hoei-hou ou Oui-
gours.
Parmi les us et coutumes de ce peuple nous mention-
nerons celle de déposer les morts dans une fosse creusée, un
arc tendu à la main, et une épée avec une lance au côté;
la fosse restait ouverte. Aux funérailles on immolait en sacri-
fice une quantité de bétail dont on brûlait les os, après quoi
les assistants faisaient à cheval une centaine de fois le tour
du lieu funéraire.
Au 5 siècle ils tombèrent sous la dépendance des Joujans.
Vers la fin de ce même siècle, l'an 487 une partie des Ouigours
se sépara du reste de la population près de la Selenga et se
porta vers l'Irtiach, où leur chef, qui s'était déclaré indépen-
dant, prit le titre de Hé-ouléou-foulé, c. à. d. en chinois: le
grand fils du Ciel. Ces Ouigours étaient riches en or et en
argent, en zibelines et en chameaux, mais il ne surent pas
conserver leur indépendance. Le crâne d'un de leurs chefs
servit même de vase à boire à un prince des Joujans. Dans
la suite les Ouigours furent assujettis au Doulgases.
Les ancêtres des Gaoghiouis étaient divisés en 12 fa-
milles; plus tard apparaissent 15 tribus, dont l'une appelée
Jouan-gué (ou Ouhouougou) était établie sur la Selenga, et
c'est d'elle, réunie à d'autres tribus, que les Ouigours ou
Oïkhors tirent leur origine.
Lorsque les Ouigours en 629 se furent soumis à la do-
mination chinoise, leur aïmak fut converti en gouvernement
de Balkalie. Le chef suprême de l'administration reçut pour
insignes de sa dignité un double sceau en or, ayant la forme
d'un poisson; ce qui fit qu'ils entretinrent les meilleurs re-
lations avec la Chine. Plusieurs milliers d'Oïgours étaient
régalés à la cour. Des hôtelleries, au nombre de 68, appro-
visionnées de koumis et de viande, furent établies sur la route
jusqu'au grand désert, pour héberger les envoyés qui appor-
taient à l'empereur le tribut annuel, consistant en peaux de
zibeline. Un chef des Ouigours, Toumida, préféra cependant
aux titres chinois ceux qui correspondaient aux titres des Doul-
gases. — Le khan de ces derniers, Motchio, qui avait envahi
le territoire des Ouigours, fut attaqué par eux avec le soutien
de la Chine et périt assassiné l'an 716.
Peilo, le khan des Ouigours, soutenu par les Basimiens,
vainquit le khan doulgase, Ousou, en 742. Il habitait alors
le pays anciennement occupé par les Doulgases, mais établit
dès lors sa résidence ou son Ordo entre les monts Ouïdiguines
et la rivière Goun c. a. d. l'Orkhon, ce qui pourrait bien se
rapporter au Khara-balgasun de nos jours. De là jusqu'à
l'extrémité occidentale de la grande muraille il y avait 1700
li, et jusqu'au grand désert de sable 500 li. L'histoire men-
tionne ensuite 9 familles ouïgoures (Hou), cantonnées sur les
bords de 9 rivières, selon Aboul-Kazi. En 745 le khan doul-
gase Balmé fut tué, et sa tête envoyée dans la capitale de la
Chine; avec lui s'éteignit la branche princière des Doulgases
orientaux. L'empire de Peilo s'étendit finalement jusqu'à l'Altaï
du côté de l'Occident et au désert au côté du Sud, c. à. d.
qu' il embrassait tous les pays autrefois soumis à la domina-
tion des Huns.
En 756 Ane Louchan, Hun de naissance, auquel était
confié le commandement de l'armée chinoise, se révolte et
prend en 757 le titre d'empereur; mais il est assassiné la
même année. Des Ouigours, sur le drapeau desquels était
figuré un loup, se font les défenseurs de la Chine, de telle
sorte que les insurgés furent vaincus, si non exterminés. Le
khan des Ouigours, qui apparaissant se montrait vêtu d'un
kalpak turc et d'un kaftan rouge, devint un personnage con-
sidérable. L'empereur lui avait donné sa fille en mariage,
tandisque autrefois il n'accordait que des princesses, comme
pour les Doulgases. Les Ouigours de leur côté se rendaient
agréables à la cour en offrant des présents, tels que des che-
vaux par centaines, des peaux de zibeline, des étoffes de
laine blanche, et en fournissant pour contingent jusqu'à 3,000
cavaliers pour combattre les rebelles. Les Hakases furent en
758 subjugués par les Ouigours. Cependant l'armée impériale
fut battue par les insurgés en 759, qui finirent pourtant par
être réduits à l'obéissance en 762. Tchao-i, fils d'un des re-
belles, eut dans la bataille 60,000 hommes de tués; 20,000
furent faits prisonniers, et lui-même y perdit la vie. Le khan
des Ouigours fut gratifié d'un long titre *.
Ces guerres intestines avaient duré 7 ans. Tandisque la
Chine comptait, en 754, 6 millions et demi de familles c. à.
d. 53 millions d'habitants, ce nombre était descendu en 764 à 3
millions de familles, soit 17 millions d'âmes.
Après la fin des guerres intérieures les Ouigours et
les Tibétains commencèrent à se disputer le pouvoir; mais les
premiers s'étant alliés par serment avec la Chine, les Tibétains
furent mis en déroute l'an 765 et perdirent de 50,000 hommes
le combat. Un grand nombre d'Ouigours demeurèrent
dans la capitale, où ils enlevèrent non seulement des chevaux,
mais encore des jeunes filles etc. dans les rues et sur les pla-
ces publiques. Ils se retirèrent enfin l'an 778. Le khan,
Menjoui Idigain, qui méditait une attaque contre la Chine,
fut assassiné en 780. La mort suscita des dissensions parmi
les Ouigours; mais Donmuohé, qui monta sur le trône ensuite,
renoua les bonnes relations avec la Chine. Il attendit, pour
faire couper sa chevelure, d'avoir obtenu du fils du Ciel la
ratification de sa dignité et de son titre, en sollicitant la paix
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