National Institute of Informatics - Digital Silk Road Project
Digital Archive of Toyo Bunko Rare Books
|
|
Color Thumbnail -
Table of Contents -
Page Number -
Biliographic Information (Metadata) -
Caption -
Color Image -
Gray HighRes. Image -
Facing Pages -
Graphics -
| 0052 |
Inscriptions de l'Orkhon : vol.1 |
Citation Information
OCR Text
Notes
[1] L'expression ici employée est celle de K'ien-tou 建都
qui, signifiant établir une capitale, se trouve également sur le
fragment n° 2 rapporté par N. Yadrintzev. Il est à remarquer
que le hiéroglyphe Kien 建 est souvent écrit, au VIIIe siècle,
avec la classifique n° 162. On le voit écrit cinq fois de cette ma-
nière sur la fameuse inscription syro-chinoise de Si-ngan fou
(17e ligne, 1er caractère ; 2e ligne, 25e caractère ; 27e ligne, 32e
caractère ; 29e ligne, dernier caractère ; 30e ligne, 7e avant-dernier
caractère).
La 3e ligne du fragment n° 2 rapporté par N. Yadrintzev parle
également de l'établissement de la capitale des Ouigours,
malheureusement, comme dans celui-ci, l'inscription se trouve
tronquée là précisément où devait être indiquée la situation
géographique de cette capitale. La fondation du Khanat ouigour
et l'établissement du siège principal de ses Khakans sur les
bords de l'Orkhoun remonte à l'année 745, mais ce ne serait que
plus tard que les Khakans auraient substitué des palais aux
tentes de leur camp royal. Ce n'est en effet qu'en 789 que l'his-
toire des T'ang parle, comme d'une chose nouvelle chez les Oui-
gours, de la construction d'un palais à l'usage de leur prince
Tengri Khakan, et elle ajoute qu'en 781, Toun-Mo-ho Tar-kan,
qui régna sous le titre de Ho Kou-tou-lou Pi-kie Kho-han, avait
fait graver sur une stèle de pierre devant la porte de sa capitale
une inscription destinée à rappeler aux Envoyés de la Chine
tous les services rendus (à ce pays) par lui et par ses prédéces-
seurs ; cette inscription devait évidemment avoir été rédigée en
chinois. Nous savons aujourd'hui que cette capitale des Khakans
ouigours, qui parait avoir été incendiée par les Kirghiz en 841,
était située à dix lieues à l'ouest de la tombe du prince turk
Gucuk Téghin, récemment découverte par M. Heikel, et à
sept lieues au nord-ouest du point où était au XIIIe siècle la
capitale des Mongols, que nous désignons sous le nom de Kara-
koroum et qui semble être celle que Sanang SSeten appelle
Aroul oun Tsaghan Balgasoun, sur le versant septentrional de
l'Altaï.
Selon Gaubil et De Guignes, l'emplacement de Karakoroum
est celui qu'occupe aujourd'hui le temple de Erdeni-tchao ; ces
deux savants ne disent pas sur quoi se base cette assertion très
catégorique que parait devoir justifier le résultat de l'exploration
que vient de faire M. Radlov ; il faut noter ici qu'aucun des Jé-
suites chargés de dresser la carte de la Tartarie ne s'est avancé
jusqu'à Erdeni-tchao et que ce n'est que par approximation que
les tables de Gaubil ont pu fournir pour ce temple célèbre l'indi-
cation 46°57' lat. N. et 13°5'25'' long. de Péking. Ricci plaçait
Karakoroum à 45° lat. N. et à 17° long. de Péking.
C'est en 1289 que la ville de Karakoroum fut ruinée par les
princes qui s'étaient ligués et révoltés contre Koubilaï Khan, et
la fit partiellement restaurer l'année suivante. Conf. Visdelou,
Biblioth. Orient. p. 135e, et T'ong-pao, 1891, G. Devéria ; La
stèle funéraire de Kuèk Teghin.
Au surplus, voici ce que nous dit la Grande géographie impé-
riale chinoise sur l'emplacement de la capitale des Ouigours :
« A l'est de leur camp royal il y a des plaines ; à l'ouest sont les
monts Oulkin (pointas ?) ; au midi coule l'Orkhoun. Ce camp royal
est à 500 li au sud-ouest du confluent de l'Orkhoun et de la Tou-
la » (liv. 411, p. 18).
Je crois utile de rappeler ici que le monastère de Erdeni-tchao
dont il vient d'être parlé a été construit ou reconstruit en
1585. Les Annales nous disent qu'en 1733 les Chinois firent
construire contre le monastère une enceinte ayant 111 mètres
de tour ; le mur est épais de 13 pieds chinois, haut de 14 pieds,
percé de trois portes. L'enceinte est flanquée de trois tours
principales ; le côté sud-ouest en est dépourvu. Il y a en plus
quatre tours d'angle. On a détourné de l'eau de l'Orkhoun pour
constituer une réserve d'eau au centre de l'enceinte.
[2] C'est à la date de 385-402 que le titre de Khakan est men-
tionné pour la première fois dans les annales chinoises ; à cette
époque, le chef des Geou-gen (Jouanes), qui dominèrent jus-
qu'en 555 sur l'Orkhoun, prit ce titre de Khakan, en échange de
celui de Tanjou ou Tan-yu qu'avaient porté les Huns Hiong-nou,
leurs prédécesseurs dans la région de l'Altaï.
[3] Le caractère qui fournit ici le son T'ei est très abîmé, peut-être
faudrait-il lui substituer le caractère 毗 ; on aurait ainsi le mot
Pi-i-t'em-ek au lieu de Ki-i-tei-t'em-ek.
Pi-Kie parait être la transcription chinoise de Bik (Bük,
Bijük) qui, d'après le Sprachatlas de Klaproth, p. xxx, signifie
Haut. M. Radlov en fait le mot Pék avec la signification de sage.
Les Chinois ont transcrit de plusieurs manières cette épithète
de Pek-Khakan ou Bilik-Khakan : 1° Pou-Ko han 不可汗 ou
毗可覃 ; 2° Po-Ko han 步可汗 ; Pi-Kie Kho-han 毗伽可汗 ;
3° Pi-Ko Kho-han 毗固可汗 ; 4° Pou-Kia Kho-han 步迦可汗
— Les Chinois, n'ayant pas la consonne B, la remplacent par un
P dans leur transcription des mots étrangers.
A leur titre chinois de Kong-tchou les princesses chinoises des-
tinées à un Khakan ouigour ajoutaient l'épithète de Pi-kie
Kong-tchou, et, après leur mariage, ce titre était remplacé par
celui de Pi-kie Khatoun, qui semble répondre au Beg Kadin du
Turk moderne occidental.
Le titre de Pi-kie Kho-han était employé chez les Turks Ton-
Kiuè avant de l'être chez les Ouigours. C'est ainsi que, dans
les annales chinoises, nous voyons le Khakan turk Mo-tchou
porter ce titre en 694-716 ; Me-ki-lien (716-733) est également
décoré du titre de Pi-kie Kho-han et son fils Tengri Kho-han
portait celui de Pi-kie Kou-tou-lou Kho-han (Pék Koutlouk Kha-
kan). Enfin les Ouigours donnaient, au VIIIe siècle, le titre de
Pi-kie Ti-kin (Pék Teghin) aux Agé ou chefs de la nation Kir-
ghiz ; ceux-ci, après avoir détruit la puissance des Ouigours vers
le milieu du IXe siècle, prirent à leur tour le titre de Khakan.
[4] Tong-li n'est peut-être qu'une transcription chinoise impar-
1
.
.
.
.
|
.
.
.
.
11
.
.
.
.
|
.
.
.
.
22
.
.
.
.
|
.
.
.
.
33
.
.
.
.
|
.
.
.
.
43
.
.
.
.
|
.
50
51
52
53
54
.
.
.
|
.
.
.
.
63
.
.
.
.
|
.
.
.
.
73
.
.
.
.
|
.
.
.
.
83
.
.
.
.
|
.
.
.
.
93
.
.
.
.
|
.
.
.
.
103
.
.
.
.
|
.
.
.
.
113
.
.
.
.
|
.
.
.
.
129
.
.
.
.
|
.
.
.
.
149
.
.
.
.
|
.
.
.
.
169
.
.
.
.
|
.
.
.
.
189
.
.
.
.
|
.
.
.
.
209
.
.
.
.
|
.
.
.
.
229
.
.
.
.
|
.
.
.
242
Copyright (C) 2003-2026
National Institute of Informatics
and
The Toyo Bunko. All Rights Reserved.