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0055 Inscriptions de l'Orkhon : vol.1
Inscriptions de l'Orkhon : vol.1 / Page 55 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000225
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[21] Les trois familles Karlouks, vide sup., notes 15 et 19.

[22] Che Sae-ming était le meilleur officier du général rebelle Ngan Lo-chan, et comme lui il était d'origine turke. Il se fit la réputation d'un des plus grands capitaines de son temps. Après Ngan Lo-chan tué en 757 et Ngan King-siu assassiné par son ordre en 759, Che Sae-ming devint chef de l'insurrection contre la cour des Tang et prit le titre d'empereur en 759. Il mourut l'année suivante assassiné par son fils Che Tchao-i. vide sup., note 6.
La capitale orientale, c'est-à-dire Lô-yang, Ho-nan fou. vid. sup., note 6.

[23] Sous la dynastie des T'ang, au moins en l'année 631, un certain nombre de fonctionnaires remplissaient la charge de Kouen fong sou che 觀風俗使, Envoyés pour la surveillance des coutumes; ils parcouraient le territoire de l'empire pour s'informer des souffrances du peuple, contrôler les mœurs et censurer l'administration. Conf. Wen hien t'ong K'ao, liv. 61, p. 10.

[24] Si paraît être la dernière syllabe d'un nom propre suivi du titre de Teh-Kan (peut-être une variante de Ta-Kan ou Tarkan) qui se conférait à une certaine classe de seigneurs. Il y avait 28 degrés de noblesse, dont les principaux titres étaient : To-fo ou mieux Teghin (fils ou frère du Khan), Che-hou (chef de horde), Kin-lou-tchue, Apo, Kie-li-fa ou Sue-li-fa, Tout-chun, Sue-Kin, Yeu-long-to, Ta-kan. Au VIe siècle, lorsque Zemarchus, ambassadeur de Justin II, se rendit auprès du Khan des Turks à Taras, il était accompagné par Tagma, qui avait la dignité de Tarchan que Deguignes écrit Tarkhan et Gaubil Dorgou. Conf. Yule, Cathay, CLXVI.
Parmi les Mongols, ce titre dénote encore le membre d'une classe jouissant de hauts privilèges, comme d'être exempt de toute exaction, le droit d'entrer ad libitum devant la présence du souverain et l'exemption de punitions pour crimes jusqu'à la neuvième fois.

[25] A l'exemple des Turks T'ou-Kiué, les Ouïgours avaient six vizirs du dehors (wai tsi-siang) et trois vizirs du dedans (nei tsi-siang); de plus, ils avaient des Tou-tou, gouverneurs généraux, des Tsiang-Kiun, généraux d'armée, des sue-ma, maîtres de la cavalerie. L'usage de ces titres chinois, chez les Turks, semble remonter au règne de T'ang T'ai-tsong, 627-650, époque à laquelle la cour de Chine les conférait déjà à des princes ou hauts fonctionnaires étrangers.

[26] Mono, selon Eitel, est une transcription abrégée de Monolo, en sanscrit Māra, l'ennemi du bien, le démon de la luxure qui tenta Boudha. Cette divinité est souvent représentée avec cent bras et montant un éléphant.

[27] Vide sup. note 12. Les deux verbes fen jee signifiant brûler, griller, me semblent pouvoir être traduits par les brûleurs, c'est-à-dire les préposés au feu, aux brasiers. En Chine, autrefois on appelait Jee han 炙竿 ceux qui étaient chargés des sacrifices. Conf. Wen hien-tong-K'ao, liv. 343, p. 2, et le dictionnaire Pei wen yun fu au caractère Jee.
Dans la traduction qu'ils donnent de ce même passage, M. Koch a traduit Jee 炙 par substances propres à produire de la fumée; Mme de Harlez, que j'ai consultée à ce sujet, croit que fen jee pour-

rait signifier brûler des bûchers et me fait remarquer que les Mongols et certaines populations de la Tartarie et du Pamir avaient la coutume d'allumer des bûchers en sacrifiant aux esprits. Les dictionnaires ne donnent pas au mot Jee une autre signification que celle de brûler, griller. La phrase est du reste assez décousue pour qu'on puisse également comprendre que ce sont les images de Mara qu'il faut brûler.
Je ferai observer à cette occasion que la figure 5 des inscriptions de l'Iénissei de M. Aspelin me paraît représenter non pas une chaudière mais plutôt un gril qui, par sa forme et ses proportions, rappelle très exactement ceux que l'on voit dans le temple du Ciel à Pékin, et dans lesquels on brûle du bois dont la fumée monte au Ciel en même temps que la prière du souverain.

[28] L'an 758 ou 759 les Kien-K'ouen furent complètement défaits par les Ouïgours. Depuis ce temps-là, disent les auteurs chinois, ils ne purent plus communiquer avec le Céleste-Empire. Les autres barbares leur donnèrent dans la suite le nom de Kie-kie-sse, au lieu de Kien-k'ouen. Ce furent proprement les Ouïgours qui leur donnèrent ce nouveau nom qui signifierait les visages jaunes et rouges. Les Kien-K'ouen, considérés par les Chinois comme les ancêtres des Qirghiz, sont décrits par les auteurs chinois comme étant de race blonde; ils occupaient au VIIIe siècle la vallée du fleuve Kien (Kem ou Iénissei) et s'étendaient au sud jusqu'à la chaîne des monts T'ang-nou. Les Qirghiz pourraient n'avoir été appelés Kien K'ouen que parce que c'était le nom de leur territoire lorsqu'il formait un État indépendant, territoire dont le nom pourrait avoir été emprunté à celui de deux rivières aux cours d'eau qui le limitaient, le Kien, dénomination du Kem ou Iénissei, et le Kouen, dénomination de l'Orkhon. Dépouillées de ce territoire, au VIIIe siècle, par les Ouïgours, les tribus qui y avaient dominé durent vraisemblablement, puisqu'elles avaient du même coup perdu leur autonomie et qu'elles étaient sans doute dispersées, reprendre leur nom de Kie-kou ou Ki-kou-sse, transcription chinoise de Qirk, et de Hia-ko-sse, transcription de Hakkas.

[29] I-nan, écrit 義 鼻, était le nom de Tchen-tchou Pék Khakan, deuxième Khakan des Turks Sié Yen-T'o, qui avait établi en 627-650 le siège de son gouvernement au sud de la rivière Toula après en avoir chassé les Turks T'ou-Kiué; vid. sup., notes 17 et 19. Vers 740, Tengri, Khakan des Turks Tou-Kiue, envoyait en Chine un ambassadeur portant le nom de I-nan. Ce nom de I-nan a donc dû être assez commun, car en 806-821 nous voyons le Khakan envoyer encore comme ambassadeur à la cour de Chine un personnage de ce nom ou titre.

[30] Vid. sup., note 1.

[31] Parmi les seize princes ouïgours qui ont régné de 744 à 848 et dont les historiens chinois nous ont laissé les titres plus ou moins complets, il y en a huit dans les titres desquels entre le mot Teng-li 登里, tandis qu'il n'y en a que deux dans lesquels on trouve le caractère Kiué (gneuk) 骨; ce sont:
1° Le prince Ko-lipei-lo avec le titre de Kou-tou-lou Pi-kie Kiué K'o-han (Koutlouk Pék Gneuk Khakan) qui, après avoir détruit la puissance des Turks T'ou-Kiue, fondé en 744 le Khanat ouïgour de l'Orkhon et mourut en 745. C'est celui-là que nous désigne le titre de haut ancêtre (en chinois Kao-tsou 高祖), terme