National Institute of Informatics - Digital Silk Road Project
Digital Archive of Toyo Bunko Rare Books
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Southern Tibet : vol.9 |
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délivrait d’un brouillon qui par ses ruses et son manège avec le Galdan, serait peut-être venu à bout de lui aliéner le corps des Lamas, et conséquemment la plupart des hordes Tartares qui ne se conduisent que par la direction de ces Ministres de Foe. Sa Majesté fit présent au Dalai-khan d’un sceau d’or et lui donna le titre de Fou-kiao-koung-chun-khan, ce qui signifie Lamas très respectable, le soutien et le pacificateur de la religion. Outre cela elle envoya Hecheou 赫壽, Président d’un des premiers Tribunaux de Péking, avec quelques autres officiers, pour soutenir Latsang contre les mal-intentions et pour achever de mettre le bon ordre parmi les Lamas partisans du Diba. He-cheou et ses collègues réussirent dans leur commission, et de concert avec Latsang et les principaux d’entre les Lamas, ils conclurent que l’Empereur serait supplié de vouloir bien permettre qu’on élût Awang-Yssi pour sixième Dalai-Lama, sans avoir égard aux oppositions de quelques partisans secrets ou créatures du Roi des Eleuths: ce que l’Empereur accorda avec plaisir.
La cinquante-troisième année de Khang-hi (en 1714), le Roi des Dsoungares, qui était alors Tse-ouang-raphan, voulut, sous prétexte de venger la mort du Diba, se venger de Latsang-khan et de tous les Lamas, qu’il regardait comme des ennemis, depuis que pour l’élection du nouveau Grand-Lama, ils avaient pris les ordres de l’Empereur préférentiellement aux siens. Il leva des troupes, mit sur pied une nombreuse armée, alla contre Latsang, qu’il défit aisément et qu’il fit mettre à mort, brûla tous les temples et les monastères des Lamas partout où il en trouva, et serait allé se saisir de la personne du Grand-Lama même, si l’Empereur instruit de sa rébellion et de tous les désordres qu’il commettait, ne se fût mis en devoir de le châtier. Il employa d’abord toutes les voies de douceur et d’insinuation pour le faire rentrer dans son devoir; mais voyant que tout cela était inutile, il prit à témoin le Ciel et ses ancêtres, de la violence, qu’il était obligé de faire à son bon cœur, en se déterminant à entreprendre une guerre qu’il ne terminerait qu’après avoir détruit toute la race de Tseouang-raphan, et le royaume des Dsoungares.¹ En effet, il fit partir plusieurs corps d’armée, à la tête d’un desquels il se mit lui-même. Peu s’en fallut que ce grand Prince, qui n’avait avec lui que dix mille hommes lorsqu’il se trouva tout-à-coup vis-à-vis de l’armée ennemie, ne fût enveloppé et enlevé avec tous ceux de sa suite qui n’était composée que de dix mille hommes, tandis que ses ennemis étaient au nombre de plus de quarante mille. Son courage et plus encore sa prudence le tirèrent d’embarras. Il fit bonne contenance et ne voulut jamais changer de porte quelques instances qu’on lui fit pour l’y engager. Tse-ouang-raphan ne put se persuader que l’Empereur de la Chine fût avec si peu de monde. Il soupçonna quelque stratagème de sa part, et n’osa s’avancer pour attaquer, jusqu’à ce qu’il pût être mieux instruit. Ce délai fut cause de sa perte. Les autres corps d’armée qui devaient joindre celui que commandait l’Empereur, arrivèrent enfin, et donnèrent avec tant d’impétuosité et de bravoure sur l’armée ennemie, qu’ils la rompirent et la taillèrent en pièces. Après la déroute de son armée le Roi des Eleuths, qui s’était sauvé, erra quelque temps de montagne en montagne et de désert en désert, mais voyant bien qu’il lui serait impossible de ne pas tomber tôt ou tard entre les mains de ses ennemis, il mit fin lui-même à ses jours. L’empereur ne voulut plus qu’il y eût un Prince qui eût le titre de Roi des Eleuths. Il nomma Kangdsinai pour gouverner tout ce qui formait autre-fois ce Royaume et lui donna le titre de Beilse ou du Régulo du quatrième ordre.
¹ Diesen Krieg behandelt des Eingangs erwähnte große Werk »Der Dsungarenfeldzug«. Vgl. auch Courant l. c. und Mailla, Histoire générale de la Chine, Paris 1817, Bd. IX, S. 538 ff.
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