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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0254 Southern Tibet : vol.9
南チベット : vol.9
Southern Tibet : vol.9 / 254 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000263
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par le bord occidental de la rivière Mourousi-oussou, qui le sépare des tribus Mongols du Khoukhou-noor, et à l'Ouest par la montagne Gambala, qui fait la frontière du Thsang; son étendue de l'Est à l'Ouest est de quinze cens trente-trois lys. Il est borné au midi par la montagne Omragandjoung², et au Nord par la rivière Yarghia-tsangbou³. Leur longueur du Nord au Sud- est est de deux mille deux cens lys.⁴ Les villes principales de cette province sont: Lassa à l'Ouest, un peu au Nord de Ta-tsian-lou du Szu-ichouan, à la distance de trois mille quatre cens quatre-vingt lys. Elle n'est point fortifiée et n'est pas même entourée de muraille. Ce qu'il y a de plus remarquable est le Temple, aux environs duquel le Dalai-Lama fait sa résidence. Ce temple a été par les soins et la libéralité de la princesse Quen- tchhing, fille du second Empereur de la Dynastie des Thang. C'est ainsi que l'assurent les gens du pays. Il est bâti sur une montagne et domine sur tous les autres édifices qui forment ce qu'on appelle la ville de Lassa, dans laquelle, outre le grand nombre de Lamas qui y font leur séjour, il peut y avoir environ cinq mille familles. Les maisons, tant celles du peuple que celles des Magistrats et des Officiers, sont sur le penchant de la montagne; et au pied de la montagne, il y a de petits fossés et des murailles fort basses, dans la forme et le goût de celles qu'on met autour des villes. C'est pour cela qu'on donne le nom de ville à cet amas de maisons qui couvrent une partie de cette montagne. Les maisons sont assez bien bâties, et ont jusqu'à deux et trois étages. Toutes les affaires des hordes soumises au Grand-Lama, se traitent à Lassa…⁵ Ces trente villes, qui forment la province d'Ouei ont chacune un ou deux gouverneurs particuliers, dont les grades sont plus ou moins élevés, selon le nombre des habitants et la grandeur des lieux. Le nom général de ces Magistrats est Dsoungboum.⁶ Ils sont uniquement chargés de gouverner le peuple et de maintenir le bonordre. Les habitants de ces villes ont soin de l'entretien de la milice. Ils lèvent eux-mêmes les troupes de la manière suivante. De cinq en cinq familles, on tire un homme de guerre; de l'assemblage de ces hommes de guerre, on forme le corps des Officiers, celui de la cavalerie et celui des fantassins, suivant le rang qu'ils occupent parmi les citoyens. Les Officiers sont de simples Dingboum⁷, qui sont chacun à la tête de cinquante hommes, dont vingt-cinq sont des cavaliers, et les vingt-cinq autres des fantassins. Si la ville est considérable, et les habitants en grand nombre, on tire jusqu'à dix de ces Dingboum, lesquels sont obligés de marcher à la tête de leur compagnie, toutes les fois, qu'ils en sont requis pour les besoins de l'État. Tous les guerriers, comme je l'ai dit plus haut, sont entretenus aux dépens des villes d'où ils ont été tirés; ils ne paient que de leurs personnes, les armes, les habits, la nourriture, tant pour eux que pour leurs chevaux, leur étant fournis par leurs concitoyens. La guerre finie, chacun s'en retourne chez soi, et y vit en simple particulier, comme il faisait ci-devant.