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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0033 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / 33 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000197
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OCR読み取り結果

suivie durant des siècles d'une race étrangère, nombreuse et forte,
jointe à l'extermination patiemment poursuivie durant des siècles de la
race autochtone; et c'est ainsi, au prix de longs efforts et d'une lutte
acharnée, que les Allemands sont parvenus à éliminer les Slaves à l'est
de l'Elbe, que les Slaves ont pu absorber en partie les peuplades fin-
noises de l'est et du nord de la Russie, que les Espagnols ont, en
quelque mesure, hispanisé l'Amérique méridionale. Au contraire, les
invasions germaniques du haut moyen âge n'ont pas modifié, d'une
manière appréciable, les races de Gaule et d'Italie et lorsqu'en ces
notes algébriques qui constituent leurs chroniques, les Chinois men-
tionnent un déplacement de peuples, prenons garde que ce ne soit en
effet que le déplacement d'une tribu médiocre ou d'une troupe d'aven-
turiers, semblable à celles qui suivit la fortune de Sultan Baber, soumit
à ses lois les hommes du Pendjab sans pouvoir infuser un sang nouveau
dans leurs veines. Pour le cas spécial dont il est ici question, Strabon
nous apprend que la Bactriane avait été conquise par des peuplades
venues d'une région située au delà du Yaxarte, confinant à la Sogdiane
et au pays des Saka, tel qu'il était au temps de Strabon, région qu'avaient
occupée les Saka eux-mêmes¹. L'auteur ne parle pas d'une émigration
de ceux-ci. D'autre part, Seu Ma Ts'ien, auteur du Cheu ki, et l'auteur
de la Description du Si-yu annexé aux Annales des anciens Han², se
fondant l'un et l'autre sur la relation du voyage de Tch'ang K'ien en
Transoxiane (140-127 av. J.-C.), confirment et précisent le témoi-
gnage du géographe grec. Une partie de la tribu des Kouchân ou Yuê-
tchi (Yava ou Jaé sur les monnaies), qui, au IIe siècle avant notre ère,
comptait cent mille archers et paissait ses troupeaux entre Cha tcheou
et les monts Ki-lian, au nord-ouest de Kan tcheou, se retira, après
une incursion du peuple voisin des Hioung-nou, dans le pays des Sé,
mot qui est la transcription chinoise de Saka. Or, ce pays, placé entre