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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0052 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / 52 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000197
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OCR読み取り結果

avait contourné le T'ien chan et le Pamir, avait fondé un empire en
Sogdiane et en Bactriane sur les débris de celui des Kouchân. Ce nou-
vel État, dès la fin du siècle, étendit sa domination sur le Turkestan
oriental entre Khotan et Karachahr¹ et paraît l'avoir maintenue jusqu'à
l'entrée en scène des Turcs proprement dits vers 560. Cependant les
Turcs Teulès, appelés Tié-lé ou Kao-kiu par les Chinois, s'étaient sub-
stitués aux Jouan-Jouan dans le pays de Tourfan et depuis un certain
temps déjà le Chan-chan (Lop) était placé sous le protectorat des T'ou-
kou-houn, dynastie turco-mongole, qui régna sur les Tibétains du Tsa-
dam et des environs du Kouk nor entre 312 et 663². Un des princes de
cette dynastie, chassé par des troupes chinoises, s'était même avancé
jusqu'à Khotan avec une bande de fugitifs et avait mis cette ville à sang
et à sac en l'an 445, mais il n'y était pas resté³. C'est la plus ancienne
invasion tibétaine dans le bassin du Tarim qui nous soit connue d'une
manière certaine. Au milieu du vIe siècle parurent les Turcs proprement
dits qui, campés sur les bords de l'Orkhon, reconstituèrent l'empire des
Hioung-nou sur la Mongolie entière et la Sibérie méridionale, battirent
les Teulès et les Yeptalites (550-570), et les petits États du Si-yu
payèrent aux nouveaux vainqueurs le tribut qu'ils avaient payé succe-
ssivement aux Hioung-nou, aux Chinois, aux Jouan-Jouan, aux Yeptalites
et aux Teulès. Ceux qui voulurent résister n'eurent pas à s'en féliciter.
Les Tourfanais en firent l'expérience ; en 590, quatre de leurs villes
furent détruites et deux mille des leurs durent émigrer en Chine. Lors
du passage de Hiouen Ts'ang en 629 toute la région au sud du T'ien
chan reconnaissait la suprématie du lieutenant du khâkân turc, Toun