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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0057 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / 57 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000197
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OCR読み取り結果

près certain qu'ils occupèrent le Turkestan oriental tout entier pen-
dant au moins trois quarts de siècle. Il est probable que, déjà zélés
bouddhistes, ils furent appuyés par les quelques myriades de moines
qui peuplaient alors les nombreux couvents de la région, et peut-être
auraient-ils maintenu leur domination fort longtemps malgré les
Arabes et les Turcs, peut-être la Kachgarie serait-elle aujourd'hui un
pays de langue tibétaine et de religion bouddhique si de graves luttes,
ayant éclaté entre l'élément religieux et l'élément laïque dans le
royaume de Lha-sa, n'en avaient amené la division au cours du
IXe siècle et ruiné la puissance.

La place des Tibétains fut prise par les Turcs Ouigour qui appa-
raissent alors pour la première fois dans l'histoire du Turkestan orien-
tal¹. C'étaient, au rapport des annalistes chinois, des descendants de
ces Kao-kiu ou T'ié-lé (= Teulès) dont une partie au Ve siècle paissait
ses troupeaux sur les confins nord-orientaux de la contrée qui nous
intéresse, dans les environs de Barkoul. Soumis à l'empire des Turcs
proprement dits au milieu du VIe siècle, plusieurs de leurs tribus, sous
la direction de celle des Ou-hou, c'est-à-dire des Ogouz ou Tokouz
Ogouz, secouèrent le joug vers l'an 600 et formèrent sur la rivière
Sélenga un groupement de peuplades indépendant qui prit le nom de
Ouigour, Hoei hô en Chinois². Durant tout le VIe siècle ils furent en