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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0072 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / 72 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000197
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OCR読み取り結果

l'organisation politique des cités était tout à fait sommaire : un roi, un
vézir, un commandant de l'aile droite des troupes, un commandant de
l'aile gauche. Cette division en aile droite et en aile gauche est un ves-
tige de la vie nomade primitive, non que les Touraniens n'eussent
depuis longtemps passé à la vie sédentaire ; mais, une fois la distance
franchie qui sépare l'état pastoral de l'état agricole, ils n'avaient point
su poursuivre leurs progrès, et cent ans avant notre ère, la constitution
de leurs cités n'était pas plus compliquée que celle des tribus turques
de la steppe. Le recensement qui fut opéré par le gouverneur chinois,
vers le milieu du premier siècle avant Jésus-Christ, donne pour les
31 principautés comprises dans les limites du Turkestan oriental une
population totale de 315,000 âmes. Évidemment ce recensement dont
je donne le détail ci-dessous ne mérite qu'une confiance restreinte. Le
gouverneur qui le fit exécuter n'avait pas les employés nécessaires pour
établir une bonne statistique ; le nombre des feux ou des hommes en
état de porter les armes ne correspond pas toujours à celui de l'en-
semble des habitants. Cependant, c'est une indication qu'il n'est pas
permis de négliger, et, à supposer que l'évaluation soit inférieure de
moitié à la réalité, le total serait de 630,000, soit le tiers environ de la
population actuelle. Il est à remarquer, en outre, que tous les centres
d'habitation qui existaient alors existent encore aujourd'hui, sauf Kin-
kiue, que par conséquent les légendes, comme celle des trois cents villes
qui s'élevaient jadis entre Khotan et Tchertchen, contiennent incom-
parablement plus de fantaisie que de vérité, que l'opinion, d'après
laquelle les surfaces cultivées auraient été plus vastes autrefois qu'au-
jourd'hui et les sables auraient fait des progrès importants dans les
temps historiques, est dénuée de fondement. Il me paraît de toute cer-
titude que la Kachgarie n'a jamais été aussi florissante qu'aujourd'hui
au point de vue matériel, encore qu'elle ait plutôt perdu que gagné au
point de vue intellectuel et artistique. Les seules modifications apportées
dans le cours des âges par les agents naturels sont une légère surélé-
vation du niveau du sol, un léger déplacement des oasis et la disparition
de quelques lieux cultivés et habités sur les cours inférieurs du Bostân