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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0080 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / 80 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000197
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OCR読み取り結果

cielles, en tenant compte toutefois de la courtoisie extrême avec
laquelle tout peuple a coutume de parler des autres. Nous verrons plus
loin qu'après douze siècles écoulés les choses n'ont pas beaucoup
changé. Au point de vue intellectuel, le bouddhisme n'a pas été un
véhicule de progrès très important. Sans doute Hiouen Ts'ang rapporte
avec complaisance qu'il y avait des moines d'une grande science théo-
logique, et un Hiouen Ts'ang musulman, quelque aveuglé qu'il pût
être par l'esprit de parti, ne trouverait pas autant à louer de notre
temps. Mais les moines lisaient les livres sacrés dans le texte original ;
ils ne les traduisirent point dans la langue du pays, comme ils le firent
au Tibet, partant, ils ne créèrent point de mouvement littéraire. Ils
introduisirent, il est vrai, une écriture, qui se répandit partout et
servit à l'usage courant ; mais cette écriture n'était pas la première qui
ait été employée, car il est certain que le mazdéisme en avait apporté
une avec lui, et cette facilité avec laquelle les indigènes changeaient
d'écriture est l'indice d'une faible diffusion de l'instruction et d'une
littérature insignifiante. Le bouddhisme apporta aussi un art religieux ;
les temples du pays étaient ornés de statues, de peintures, de bas-
reliefs, soit tirés directement de l'Inde, ou travaillés sur place par des
moines artistes d'après les modèles indiens. On n'a pas encore retrouvé
de spécimens de cet art ; mais on ne peut manquer, le hasard aidant,
d'en découvrir un jour ou l'autre. Cela nous apprendra peu de chose
de nouveau puisque nous savons dès maintenant que cet art existait,
qu'il n'était pas original et qu'il ne créa pas de mouvement artistique
indigène.

A côté du bouddhisme et restreignant son influence, quatre autres
religions existaient dont la plus ancienne était ce que les écrivains
chinois appellent le culte des esprits. C'était une religion des forces de
la nature, du feu, des rivières, des montagnes, du printemps fécondant,
du Dieu redoutable qui vit dans les profondeurs de la terre. Ces forces
étaient quelquefois figurées sous des formes animales ; il y avait aussi
des dieux-animaux qui peut-être ne représentaient rien qu'eux-
mêmes. Les Khotanais, par exemple, adoraient des espèces de rats,