国立情報学研究所 - ディジタル・シルクロード・プロジェクト
『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

> > > >
カラー New!IIIFカラー高解像度 白黒高解像度 PDF   日本語 English
0083 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / 83 ページ(カラー画像)

New!引用情報

doi: 10.20676/00000197
引用形式選択: Chicago | APA | Harvard | IEEE

OCR読み取り結果

portrait qu'en ont tracé les auteurs contemporains est plus détaillé et
nous y reconnaissons tous les traits essentiels de la physionomie du pays
et du peuple, tels que nous les observons encore aujourd'hui. La tour-
nure d'esprit, les goûts, le caractère, le degré de moralité étaient alors
ce qu'ils sont de notre temps, les arts que l'on pratiquait, on les
pratique toujours, ni mieux, ni pis, sauf de faibles exceptions, on
fabriquait à peu près ce qu'on fabrique et par des procédés identiques,
on faisait le même commerce par les mêmes voies, on cultivait les
mêmes plantes dans les mêmes champs. Cependant une révolution
s'accomplit dans l'intervalle, la plus complète qu'un peuple puisse
subir. Une race nouvelle se mêla à l'ancienne, l'état politique, la
langue, la religion, le droit furent changés. Il se fit beaucoup de bruit
et d'agitation, et, finalement, il se trouva que les apparences s'étaient
modifiées, mais que le fond était resté le même.

La conquête turque, commencée au IXe siècle et terminée dans le
suivant, apporta un élément ethnique jeune et vigoureux, une orga-
nisation militaire excellente, une écriture, une langue. Les indigènes
acceptèrent tout ce qu'on voulut. Les Turcs étaient des soldats, che-
vauchant et guerroyant le plus qu'ils pouvaient, occupant leurs loisirs
à manger et à boire; ils n'avaient point de temps de reste pour se
mettre à l'école de la population soumise, il fallait bien que celle-ci se
mît à la leur, apprit leur façon de parler et d'écrire. Ce mélange d'une
race grossière avec une race mal affinée n'était point fait pour relever
celle-ci, pour lui donner le goût des sciences et des arts. La langue
des vainqueurs, née dans les bois et les steppes, était un médiocre
instrument de civilisation, si rude et si incomplète qu'on fut bientôt
obligé d'en combler les lacunes au moyen de mots étrangers. Du moins
les conquérants étaient doués de vertus éminentes, de celles qui man-
quaient le plus aux conquis et qui leur eût été le plus précieux d'ac-
quérir. Ils étaient disciplinés, savaient commander aussi bien qu'obéir,
ne craignaient ni l'effort, ni la douleur; dès que le tambour battait,
ils étaient à cheval, et, sans regarder derrière eux, oubliant femmes et
enfants, maisons et jardins, ils partaient, durs à la fatigue et hardis à