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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0088 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / 88 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000197
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OCR読み取り結果

ressoudant ainsi les deux parties du Touràn oriental, qui avaient été
disjointes pendant 500 ans. L'union religieuse se fit en même temps;
l'islamisme, qui avait peu prospéré jusque-là en Ouigouristàn, y
domina dès qu'il eut pour lui les pouvoirs publics; en 1420, d'après le
rapport de l'ambassade de Châh Roukh, une grande partie de la popu-
lation était encore bouddhiste. En 1603 lors du voyage du P. Goes,
tout le pays de Kâchgar à Koumoul était entièrement musulman, et
même l'islamisme avait pénétré jusqu'à Sou tcheou où il tenait une
place considérable.

L'islamisme possède une haute valeur sociale, très supérieure à
celle du bouddhisme. C'est une religion simple, le dogme n'en est pas
subtilement raffiné, le culte en consiste surtout en quelques pratiques
rigoureusement obligatoires, assez fréquentes pour rappeler sans cesse
l'esprit du croyant à la religion et aux devoirs moraux qu'elle impose,
mais peu compliquées, faciles à apprendre et peu gênantes en général.
Par suite l'islamisme est à la portée de l'homme le plus humble, le plus
ignorant aussi bien que du plus orgueilleux docteur. L'âme la plus
naïve est aussi capable que la plus cultivée de goûter la paix de Dieu
dans le jardin d'Éden, elle est égale en dignité aux regards du Miséri-
cordieux, son salut lui importe autant, et ceux qui sur la terre ont
charge d'âmes et sont dépositaires de la Parole sacrée doivent en
répandre la semence également dans toutes les consciences, donner à
toutes les mêmes soins, les diriger toutes avec la même sollicitude dans
la voie du bien. Si l'islam, non plus qu'aucune religion non dépourvue
d'aspirations idéales, n'exclut pas le mysticisme, il ne lui permet pas
de tout envahir. L'accomplissement de la tâche quotidienne, la re-
cherche de l'intérêt terrestre conduisent aussi bien à la félicité suprême
que la contemplation perpétuelle. Le Coran ne commande pas de
renoncer aux choses du monde, mais seulement de ne pas s'y attacher
follement, il n'enseigne le mépris des vanités d'ici-bas que juste assez
pour mettre un frein à la rapacité humaine et inspirer le respect des
pauvres et des humbles. Il porte ainsi à l'activité pratique. Il ne souffre
pas la constitution d'un corps de moines innombrables qui dévorent