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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0103 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / 103 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000197
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drent la platitude morale et la débilité de la volonté, que les vastes
horizons, qu'aucun obstacle ne ferme, invite l'homme à marcher devant
soi et fournit la raison de la survivance de certains instincts nomades,
que le désert est peu meublé comme les imaginations de ceux qui y
vivent, qu'à la monotonie et à l'immensité vague des espaces, qui
s'étendent entre Khotan et Koumoul, correspond le manque de variété
et le peu de précision des idées de leurs habitants, par quoi la médio-
crité du développement scientifique et artistique se serait expliquée
d'elle-même. Mais ce sont là des rapprochements mystiques et arbi-
traires qu'il n'y a aucun inconvénient à laisser dans le magasin du bric-
à-brac romantique¹.

Ces dispositions très générales, communes à tout un peuple, que
nous avons essayé de dégager de l'infinie complexité des tempéraments
individuels, se teignent de nuances diverses selon les diverses cités. Les
Kachgariens passent pour être plus vifs dans leurs manières, plus
rudes dans leur langage, les Khotanais pour avoir plus de douceur
hypocrite. Il est remarquable que des observations analogues se trou-
vent déjà consignées dans Hiouen Ts'ang et les Annales des T'ang;
seulement les vieux écrivains chinois présentent comme une différence
tranchée et radicale ce qui n'est qu'une nuance légère, qui risquerait
d'échapper longtemps à l'étranger le plus attentif s'il n'était averti par
les indigènes. On a donné au Kachgarien le sobriquet d'âne, animal
dont il a, dit-on, l'entêtement et l'esprit de contradiction. Offrez-lui
vingt-cinq sous d'un objet qui n'en vaut que vingt, il refusera obstiné-
ment de le vendre; malmenez-le et injuriez-le, il vous le cédera pour
vingt sous. C'est pourquoi, ajoutent les mauvais plaisants, on ne devrait
pas appeler leur ville Kâchgar, mais Kadjkhar, c'est-à-dire, en
persan, l'âne contrariant, خَجْـ. Le Yarkendais a la réputation d'être
timide et débonnaire, de parler avec douceur, de ne jamais rien faire sans