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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0126 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / 126 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000197
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OCR読み取り結果

déennes soient plus fréquentes qu'on ne s'y attendrait en un pays sans
pluie et de haute altitude. Enfin le Turkestan souffre d'une disgrâce
qui balance beaucoup de ses avantages; l'eau y est mauvaise. Dans
les rivières et les canaux elle est chargée de terre, de détritus végé-
taux, d'animalcules, parfois de soude, de plus elle est croupissante dans
les réservoirs où on la puise ordinairement pour les besoins domes-
tiques. C'est à cela que les indigènes attribuent non seulement les
troubles de la digestion et les maux de ventre, mais aussi le goitre
l'enflure des membres, la bouffissure des chairs qui défigurent tant
d'individus. Aujourd'hui, comme au temps de Marco Polo, c'est Yár-
kend qui est le plus mal partagé à cet égard: la majorité de la popu-
lation y est goitreuse, affectée d'hydropisie, d'éléphantiasis, d'inflam-
mation des articulations. Le mal est moindre à Khotan, bien grand
encore. Kâchgar est d'un rang au-dessus et l'on dit que Koutcha pos-
sède tout ensemble l'eau la plus pure et la race la plus saine et la plus
belle.

Voici, selon un médecin indigène, quelles sont les maladies le plus
souvent observées à Khotan. Il faut signaler en première ligne la
syphilis (maraz ضرض), dont l'extension excessive a les conséquences les
plus pernicieuses pour la population en général. La variole (tchétchek
چچياك) a sévi avec une rage particulière pendant l'hiver de 1891 et a
causé, dit-on, dix mille décès dans la province. Les maladies cutanées
de toute sorte sont extrêmement communes, comme la rougeole (kyzyl
قيزريل), la gale (kytchychkâk قيچيشقاق), le koutour (قوتور), caractérisé
par des plaques rougeâtres sur la peau avec fortes démangeai-
sons, l'eczéma (kân yel قان يل). Il en est de même des ophthalmies
déterminées par la poussière et par la réverbération des sables;
nulle part peut-être on ne rencontre plus d'aveugles. Ajoutons la
fièvre (bizgak ديزكاك), le rhumatisme (ouadj mafacil وجع مفاصل), la para-
lysie (fâlidj فالج), l'hydropisie (istiskâ استسقا), la lèpre ou éléphantiasis
(baras ابرص), la jaunisse (safra صفره), les hémorroïdes (بواسير) bouacir