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0130 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
Scientific Mission to High Asia 1890-1895 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / Page 130 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000197
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vent de gros embarras pécuniaires. Aujourd'hui, le fiancé se borne à
faire cadeau à sa future de quelques objets d'habillement et de prendre
à sa charge le repas de noces. C'est ce qu'on appelle toylouk et cela
correspond au toymal des Kazak et des Kyrghyz. La dépense est
modeste. Voici par exemple le détail du trousseau offert par un jeune
homme riche de Khotan à sa fiancée : une pièce de soie de Chine, un
bonnet, trois pièces de douriah (étoffe mi-soie, mi-coton provenant du
Turkestan russe), une paire de kipich maça, six pantalons, trente pieds
d'étoffe pour chemises, le tout valant environ cent vingt francs. S'il
avait été kazak il lui aurait fallu 1,500 francs pour le trousseau, 2,000
francs pour l'alou (animaux nécessaires au transport du trousseau et
de la tente), 3,000 francs pour le kâlyn ; à Marghélân il ne s'en serait
pas tiré à moins de 2,000 francs¹. A un pauvre homme il en coûte 5
francs, voire 40 sous pour prendre femme, au lieu que dans le Ferghânah
on ne trouve pas à se marier au-dessous de 60 francs. On dit qu'à
Châhyâr on en est quitte encore à meilleur marché qu'à Khotan.
« A Châhyâr, dit plaisamment le chansonnier, on a dix-huit filles pour
un sou. »

شاهيارليق ئينك قيزلاري اون سكيزى بر پولوق

On ne doit pas conclure de cette boutade que le toylouk constitue
le prix d'achat de la fiancée par le mari. C'est un simple présent de poli-
tesse, obligatoire toutefois. Rien n'indique que le mariage se soit jamais
fait par achat dans le Turkestan, même si l'on croit que l'usage du
kâlyn y ait été autrefois en vigueur ; car c'est une conception radicale-
ment fausse du kâlyn que d'y voir une opération commerciale. Les
Mongols, les Kazak, les Kyrghyz ne considèrent nullement la femme
comme une marchandise, ni le mariage comme un contrat de vente. Le
mariage consiste dans leurs idées à faire entrer une fille dans une autre
famille que sa famille d'origine, à la rattacher à d'autres ancêtres qu'à
ses ancêtres réels, à substituer pour elle des liens de parenté fictive aux