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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0131 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / 131 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000197
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OCR読み取り結果

liens de parenté naturelle. La cérémonie d'adoption accomplie, elle a
un effet rétroactif; la nouvelle épouse est estimée avoir toujours appar-
tenu à la famille de son mari dans le passé, de même qu'elle y appar-
tiendra toujours dans l'avenir, même si son mari meurt; elle devient
proprement la petite-fille des ancêtres de celui-ci, comme si elle était
née d'eux; sa parenté réelle devient une parenté fictive, son père n'est
plus pour elle qu'un père nourricier et ne peut pas avoir jamais été
autre chose puisque personne ne descend de deux séries d'aïeux diffé-
rentes. C'est par suite de cette conception que les Kazak fiancent leurs
enfants le plus tôt possible, dès le berceau, avant la naissance même;
cela marque d'une façon tout à fait tangible que la fille à naître ou à
peine née est seulement en dépôt dans la famille de son père, qui est
uniquement chargée de l'élever et de subvenir à son entretien jusqu'à
ce que la famille du fiancé la réclame et en fasse son enfant par le rite du
mariage. Il a par conséquent le droit d'exiger le remboursement des
dépenses qu'il a faites pour l'éducation de la fille dont il a pris soin pro-
visoirement et de ne la laisser sortir de chez lui que lorsque ce rembour-
sement sera opéré. Le kâlyn est ainsi une restitution, — les Kazak ne
l'entendent pas autrement, — ou, si l'on veut, une indemnité pour un
service rendu; ce n'est pas le prix d'achat d'un objet mis en vente. Il
suit de là que le paiement du kâlyn, dette sacrée entre toutes, est
strictement obligatoire et que la célébration du mariage lui est rigou-
reusement subordonnée, au lieu que le toymâl et l'alou, souvent de
valeur égale, sont des dons purement volontaires et facultatifs, un sup-
plément de luxe, dont les pauvres se dispensent. Si dans le Turkestan
chinois le toymâl ou toylouk a seul subsisté tandis que le kâlyn a dis-
paru, c'est que celui-ci, fondé sur d'antiques croyances, ne répond à
rien et a perdu toute signification dans un pays où ces croyances ont
péri depuis longtemps, malgré la survivance de quelques cérémonies
vaines¹.