国立情報学研究所 - ディジタル・シルクロード・プロジェクト
『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

> > > >
カラー New!IIIFカラー高解像度 白黒高解像度 PDF   日本語 English
0133 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / 133 ページ(カラー画像)

New!引用情報

doi: 10.20676/00000197
引用形式選択: Chicago | APA | Harvard | IEEE

OCR読み取り結果

l'avons dit, de peu de conséquence. Ce point réglé, les parents du
prétendant ou, à leur défaut, ses amis, vont faire la demande officielle,
ils échangent quelques cadeaux avec les parents de la fiancée et fixent
le jour des noces. On avertit l'imâm de la paroisse qui vient dans la
maison de la fiancée donner à l'union la sanction légale très simplement
et très rapidement : deux questions, deux réponses, une courte prière
et l'affaire est faite. La cérémonie privée, que je décrirai ailleurs, est
plus compliquée ; mais on la tient à pur divertissement et on l'expédie
à son gré.
On ne marie pas les enfants dès leur naissance, ni malgré eux.
Contrairement à ce qui se passe dans tout le reste de l'Asie, les jeunes
gens sont présentés l'un à l'autre avant d'être fiancés ; dans la plupart
des cas ils se connaissent déjà de longue date, étant enfants du même
village ou du même quartier. Dès qu'ils ont atteint leur majorité, les
garçons à 12 ans et les filles à 10, ils sont libres d'épouser qui leur plaît
et d'accepter ou de refuser les partis que leurs parents leur proposent.
Ceux-ci sont réduits au rôle d'intermédiaires, mais naturellement ils
gardent une certaine influence morale, d'autant plus grande que les
enfants se marient très jeunes. Les garçons, qui prennent rarement
femme avant 18 ans, profitent de leur liberté plus que les filles, dont on
est pressé de se débarrasser. On n'attend même pas leur puberté,
c'est-à-dire leur treizième année ; on donne très fréquemment dès
l'âge de dix ans les pauvres enfants qui sont heureuses de jouer à la
dame. Elles n'ont que trop lieu de le regretter ; peu de maris ont assez
de délicatesse pour prendre patience jusqu'à ce qu'elles soient com-
plètement formées. Les violences et les abus qui s'ensuivent entraînent
des troubles physiologiques très graves ; les cas de ce genre sont telle-
ment nombreux que la race en est sérieusement compromise dans sa
vigueur et les conséquences au point de vue général n'en sont pas moins
funestes que celles de l'intoxication par le hachîch. A la mauvaise habi-
tude de marier les filles trop tôt il faut attribuer cette singularité que
les veuves et les femmes divorcées sont préférées aux jeunes filles.
C'est l'inverse au Turkestan russe où les filles sont établies à un âge