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0134 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
Scientific Mission to High Asia 1890-1895 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / Page 134 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000197
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plus raisonnable. A Khotan, un homme qui ne paye que cent francs
pour le trousseau d'une jeune fille, payera cent cinquante francs pour
celui d'une jeune femme qui n'a pas encore eu d'enfant (tchaougàn),
deux cents francs pour une jeune femme qui a déjà un enfant (djouàn).
Celles-ci ont en effet l'avantage non seulement d'être formées, mais
encore de pouvoir être utiles dans la maison, ce qui est la première
chose qu'on réclame d'une femme. Un indigène ne peut guère vivre
confortablement à moins d'être marié à une personne qui sache s'ac-
quitter des soins du ménage. Au rebours de nos sociétés d'Europe, la
société du Turkestan oriental est aussi mal ordonnée que possible pour
faire le bonheur des célibataires. Elle ne leur offre aucune des commo-
dités, aucun des agréments dont leur sont prodigues les sociétés occi-
dentales qui, au moins dans les villes, sont organisées justement comme
il faut pour sacrifier la vie de famille à la vie publique et diminuer dans
une large mesure les occupations et les divertissements intérieurs au
profit des extérieurs ; les industriels, les commerçants, les ouvriers qui
travaillent pour tous, les municipalités, l'état lui-même se chargent
chez nous d'une foule de besognes qui là-bas incombent nécessairement
à l'individu. Pour y suffire, l'assistance d'une femme lui est indispen-
sable s'il est pauvre, très utile s'il est riche. Comme d'autre part le
mariage n'est pas hérissé de formalités difficiles, qu'il n'occasionne pas
de grands frais ni de grandes charges, il n'y a ni vieux garçons ni vieilles
filles.

Les célibataires seraient d'ailleurs inexcusables. Ils ne pourraient
même pas invoquer l'amour de la liberté ; car les liens du mariage sont
si fragiles qu'ils entravent aussi peu que rien les caprices de chacun.
Le divorce est d'une facilité extraordinaire. Le prophète, estimant que
Dieu a assigné un terme à toutes choses, est fort large à cet égard ;
mais au Turkestan on n'observe même pas les règles restrictives qu'il
a jugé à propos de prescrire. Ces restrictions, on le sait, ne sont guère
que pour les femmes. Selon la chériat de Boukhâra, une femme a le
droit d'exiger le divorce dans les six cas suivants : si elle a été battue
sans motif par son mari au point que son corps en garde des traces