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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0135 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / 135 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000197
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OCR読み取り結果

évidentes; si, elle non consentante, son mari prend une seconde
épouse ; s'il a cessé pendant six mois de pourvoir à sa subsistance ; si,
elle non consentante, il l'emmène à plus de trois jours de marche de sa
résidence habituelle ; s'il devient fou et s'il est atteint de lèpre. Plu-
sieurs de ces dispositions sont très élastiques, surtout la première et la
troisième, et la femme, quand elle le veut, est habile à provoquer les
actes qui permettent d'en profiter. Pour la moindre raison et sans
raison elle rassemble ses vêtements et ses bijoux, les tapis et les objets
qui lui appartiennent dans la maison commune, et se retire chez ses
parents. Le mari n'a aucun moyen de lui faire réintégrer le domicile
conjugal et il finit par lui laisser une entière franchise en la répudiant.
La répudiation coûte peu de chose à l'homme, il est tenu de fournir à
celle qu'il a renvoyée les aliments pendant cent jours ; il se contente
de lui donner pour cela quelques francs, de manière qu'elle soit satis-
faite, il est bien rare en ce cas qu'elle se montre exigeante. Dans les
autres pays musulmans l'homme, en se mariant, promet par contrat à
son épouse de lui payer une certaine somme s'il vient à la répudier
sans motif grave ; c'est ce qu'on appelle le mehr, institution presque hors
d'usage dans le Turkestan chinois. La femme est ainsi dépourvue d'une
garantie sérieuse contre les caprices de son mari. De même l'absence
de kalyn remboursable en cas de faute de l'épouse prive le mari de
la meilleure assurance qu'il puisse avoir contre les fantaisies de sa
femme.

Le mari se dispensant de donner à son épouse divorcée l'argent
nécessaire à sa subsistance pendant cent jours, celle-ci se dispense à
son tour d'attendre le terme réglementaire avant lequel elle n'a pas le
droit de se remarier. Il arrive qu'elle ne laisse écouler que huit ou dix
jours ; elle prend seulement soin de contracter sa nouvelle union dans
un autre district que celui du juge qui a prononcé le divorce. Comme
les registres d'état civil, qui étaient tenus à jour sous la domination
musulmane, sont aujourd'hui négligés, rien n'est plus facile que de
tourner ainsi la loi. L'ancien mari pourrait bien réclamer, intenter une
action en nullité ; mais le plus souvent il n'a garde, se souciant de son