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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0140 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / 140 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000197
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OCR読み取り結果

contraintes puériles engendraient le mépris et l'impatience des lois les
plus respectables dont ils semblaient être les conséquences. L'inquisi-
tion intolérante des mollahs n'eut plus d'autre pouvoir que de mettre
sur la face de la société un masque d'hypocrisie, vite rejeté dès que les
mécréants redevenaient les maîtres.

La reclusion et l'infériorité presque servile où les musulmans
relèguent les femmes n'ont jamais été de mode dans le Turkestan chi-
nois. Nous savons qu'il y a quatorze siècles les femmes étaient admises
dans la société en présence des hommes ; Hiouen Ts'ang rapporte que
la princesse et les dames de Kao-tchang sortirent de la ville pour aller
le recevoir, que la mère du prince fut assidue à ses conférences ou
lectures religieuses. De son côté, le vieux droit turc n'était pas trop
défavorable à la femme, bien qu'il la tînt en tutelle perpétuelle : il lui
laissait du moins plus de liberté d'allures, plus d'influence morale,
plus de dignité en somme que ne lui en donne le droit coranique stric-
tement appliqué. L'action de celui-ci dans le Turkestan oriental a été,
sur le point qui nous occupe, toute superficielle. Il a imposé l'usage du
voile ; mais la coutume l'a humanisé autant que possible, elle l'a fait
blanc, à jour, léger, coquettement orné ; de plus on s'en dispense en bien
des cas, on ne le met que pour s'habiller et on le garde souvent relevé.
Tandis que les musulmanes de l'Inde ne peuvent paraître devant leur
mari en présence même du père ou des frères aînés de celui-ci, la Kach-
garienne, la Khotanaise va partout en compagnie de son mari, faire des
visites, dîner en ville, assister à des fêtes de famille, aux offices des
morts. Fréquemment elle sort seule. Quand elle est avec son mari, elle
a le pas sur lui, entre la première, prend la place d'honneur, est la
première invitée à fumer, boit et mange la première, dans la rue
marche devant son mari comme dans le cortège nuptial la fiancée
marche devant le fiancé. C'est un sujet d'étonnement pour les étran-
gers, même pour les Andidjanais qui n'ont pas une telle coutume. On
ne doit voir là qu'une simple déférence de politesse ; les femmes n'en
sont pas moins considérées comme inférieures et subordonnées. Cepen-
dant dans les affaires sérieuses elles jouissent encore d'une indépen-