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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0141 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / 141 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000197
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OCR読み取り結果

dance et d'une autorité plus grandes que dans la plupart des autres
pays. Dans le ménage la toute-puissance est rarement du côté de la
barbe. Quand un cultivateur a des provisions de blé ou de maïs dont
il veut se défaire, quand un artisan a des objets fabriqués à vendre, le
mari se rend au bazar avec sa femme qui contrôle les opérations com-
merciales, et il ne vend que de son consentement et au prix qu'elle
approuve. Pour acheter des objets utiles au ménage, des ustensiles,
des vivres, des vêtements, le consentement de la femme est nécessaire.
Malheur à celui qui voudrait s'en passer! les querelles, les injures, les
menaces de divorce, l'abandon du domicile conjugal l'en feraient
repentir. Aussi laisse-t-on souvent les femmes aller seules au marché
et faire comme elles l'entendent les affaires courantes, et c'est pourquoi
l'on voit dans les bazars, disent les indigènes, dix femmes pour un
homme¹. Nous avons vu combien le lien conjugal était pour la femme
une entrave faible et lâche au point de vue de la liberté personnelle;
il faut ajouter que, veuve ou divorcée, elle devient absolument maî-
tresse d'elle-même et ne dépend plus de personne, ni de la famille de
son mari, ni de sa propre famille. Au point de vue des biens, elle con-
serve dans le mariage la propriété et la libre disposition de ses biens
propres; tant qu'elle n'a pas d'enfants, elle en donne les fruits à ses
parents, ce qui n'est pas conforme à la loi musulmane; si elle a des
enfants, les fruits restent dans la maison du mari, mais, en cas de
divorce, non seulement elle a la jouissance entière en même temps que
la propriété de ses biens personnels, mais elle reprend la valeur de
tout ce qui en a été dépensé au profit de la communauté. L'avantage
est pour elle d'autant plus grand que la seule charge qui lui incombe
est d'élever ses jeunes enfants jusqu'à l'âge de 7 ans, mais à condition
que le mari paye leur entretien. L'usage à Khotan est de donner à cet
effet à la femme divorcée 64 pouls (1 fr. 20) par mois pour une fille et
trois tengas (2 fr. 82) pour un garçon. Encore arrive-t-il, surtout si elle