国立情報学研究所 - ディジタル・シルクロード・プロジェクト
『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

> > > >
カラー New!IIIFカラー高解像度 白黒高解像度 PDF   日本語 English
0144 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / 144 ページ(カラー画像)

New!引用情報

doi: 10.20676/00000197
引用形式選択: Chicago | APA | Harvard | IEEE

OCR読み取り結果

canton et nécessairement nombreux parce que, n'étant point pauvres,
ils n'ont aucune raison de quitter leur lieu d'origine où ils participent
en quelque façon à l'éclat du bek leur parent, et parce que la société
du Turkestan peu vaste et peu compliquée n'offre pas une grande
variété de professions et d'entreprises capables de les entraîner au
dehors. Mais ce groupement social n'a plus à beaucoup près la solidité
et la cohésion du clan kyrghyz et du clan chinois. Depuis longtemps la
loi ne le reconnaît plus et la coutume chancelle.

La famille, au sens restreint et moderne du mot, c'est-à-dire l'asso-
ciation de l'homme, de la femme et des enfants qui en sont issus, est,
elle aussi, très ébranlée. Le lien qui unit les enfants à leur père n'est
pas moins frêle que celui qui joint l'épouse à son mari. Les garçons
sont majeurs à 12 ans, les filles à 10. Ils échappent dès lors juridique-
ment à l'autorité paternelle, sont capables d'hériter, d'administrer leurs
biens; les gains qu'ils font leur appartiennent en propre. Vers dix ou
douze ans la fille quitte ses parents; il est vrai qu'elle revient souvent
et qu'elle est toujours accueillie. Le garçon marié reste peu auprès de
son père, il s'en va après la première année et reçoit, en ce cas, une
part de la terre paternelle qu'il exploite pour son compte. Seule l'évi-
dente supériorité, au point de vue des intérêts matériels, de l'asso-
ciation sur la division oblige quelques-uns des fils d'un propriétaire
rural à demeurer avec leur père pour l'aider. Ainsi l'on trouve dans
les campagnes des familles nombreuses de dix à douze membres,
vivant tous sous le même toit et de la même terre. Il en est de même
des riches en général, qui, étant plus au large, sentent moins les
inconvénients de la vie en commun. Néanmoins, à prendre les choses
en gros, c'est la séparation qui est la règle. Sans doute les parents
aiment leurs enfants, mais d'une affection presque purement naturelle
et instinctive, ils les aiment surtout quand ils sont petits et faibles et
qu'ils ne peuvent vivre par eux-mêmes; plus tard ils s'en désintéressent
à mesure qu'ils grandissent. Les enfants de leur côté sont médiocre-
ment attachés aux auteurs de leurs jours. Le père inspire encore
quelque respect, on se lève en sa présence, mais on le relègue dans