国立情報学研究所 - ディジタル・シルクロード・プロジェクト
『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

> > > >
カラー New!IIIFカラー高解像度 白黒高解像度 PDF   日本語 English
0145 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / 145 ページ(カラー画像)

New!引用情報

doi: 10.20676/00000197
引用形式選択: Chicago | APA | Harvard | IEEE

OCR読み取り結果

un coin quand il est vieux. Les mères sont traitées avec beaucoup de
sans-gêne même par des marmots, les veuves deviennent souvent les
servantes de leurs filles mariées. Malgré tout, les familles sont toujours
prolifiques, et les pauvres plus que les riches. La stérilité est une
grande disgrâce pour une femme; c'est pourquoi la jeune femme qui a
déjà eu un enfant reçoit un plus beau trousseau que celle qui n'en a
pas eu. Les enfants sont une aide, quelquefois presque une nécessité
principalement dans la culture et dans certains métiers, même dans le
commerce, où ils remplacent avec profit les mercenaires. Il n'y a pas
dans le Turkestan cette proportion énorme d'employés et de gens à
gages qu'on remarque dans nos pays. La plupart des habitants vivent
d'entreprises particulières; pour eux la venue d'un enfant ne constitue
pas une perte sèche, c'est, au contraire, une adjonction de force corpo-
relle et intellectuelle, de travail productif. Dès huit ans l'enfant se
rend utile, à douze ans il est d'un concours précieux. C'est un ouvrier
ou un associé qui coûte la nourriture et le vêtement; pas d'éducation
compliquée, longue, dispendieuse et de résultat incertain à lui donner;
il apprend le métier de son père et le continue, soit qu'il reste dans
la maison natale après son mariage, ou qu'il s'établisse à son compte.
De plus il y a un reste du préjugé ancien, qui faisait considérer les
enfants comme nécessaires à la force militaire du clan et à l'accom-
plissement des rites de la religion domestique, par suite au bonheur
des parents dans l'autre monde. Ce préjugé a survécu aux croyances et
aux institutions qui l'avaient fait naître. Il est pour beaucoup, non seu-
lement dans le désir général de postérité, mais encore dans la préfé-
rence accordée aux garçons sur les filles, préférence incomparablement
plus marquée que chez nous, où cependant une fille crée une charge
plus lourde autant que plus délicate. Dans le Turkestan il n'y a pas de
dot à payer, la dépense de l'éducation est insignifiante, la fille est
mariée très jeune, le fiancé fait les frais de la noce et du trousseau.
La fille souffre encore d'une société abolie, de son incapacité de con-
courir directement à des choses désormais inutiles: la défense du clan
et le culte des ancêtres. Sa naissance est une déception, celle d'un fils
17