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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0182 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / 182 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000197
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OCR読み取り結果

répartir les aumônes d'une manière équitable, prend garde que les
paralytiques, cloués à leur grabat, en aient leur part et fait la chasse
aux faux frères qui volent sous le manteau de la mendicité. Quand
nous procédions à une distribution d'argent aux pauvres de notre
quartier, ils s'assemblaient tous devant notre maison ; leur président
et leurs vice-présidents, portant de longs bâtons, les rangeaient en
bon ordre, nous indiquaient ceux à qui il fallait donner plus, ceux qui
étaient le moins dignes d'intérêt, étaient attentifs à ce que nul ne
touchât deux fois et faisaient mettre en réserve une certaine somme
pour les malheureux incapables de quitter leur logis. Ces associations
rendent des services et semblent tout à fait inoffensives : elles ne
recouvrent point comme en Chine des syndicats de filous. Les voleurs
sont peu dangereux en ce pays. Sans doute, dans la lumière indécise
et le silence de l'aube naissante, à l'heure où les passants sont rares
dans le désert, on rencontre de temps à autre, dissimulés derrière les
dunes, des gueux méditant un mauvais coup profitable ; mais on est
loin d'observer autant de brigandages et de larcins qu'en Chine. Les
marchands voyagent sans armes même la nuit dans les plaines soli-
taires et inhabitées, les agriculteurs disséminent avec confiance par
les champs leurs demeures mal fermées au lieu de les réunir en groupes
compactes comme dans les régions peu sûres. Cela n'est dû ni à une
police plus parfaite, ni à une vertu plus haute, mais tout simplement —
je ne dis point ceci pour l'amour du paradoxe — à l'infériorité de la
race qui manque d'initiative, de vivacité et d'audace. Du reste les indi-
gènes sont fort indulgents pour les menus vols qui n'ont d'autre mobile
qu'une nécessité pressante, et leur charité préserve de bien des mau-
vaises actions les victimes de la fortune.

Au dernier degré de la société nous plaçons ceux qui non seule-
ment ne possèdent point de ressources, mais ne sont même point
maîtres de leur propre personne, les esclaves. Le nombre en a beau-
coup diminué depuis les progrès des Russes et des Anglais en Asie
centrale. Les Khotanais achetaient autrefois comme esclaves des chiites
du Pamir et de l'Afghanistan qu'on appelait *ghaltcha* (غلچه) ; ils