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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ
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| 0183 |
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 |
| 1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2 |
引用情報
OCR読み取り結果
les gardaient pour eux ou les revendaient à l'étranger. Il est très
possible que les jeunes garçons et les jeunes filles de Khotan, dont les
poètes persans avaient coutume de célébrer la beauté, aient été des
Ghaltcha tadjik et non point des indigènes. Ce commerce est mainte-
nant complètement supprimé. Il reste encore quelques-uns des
Ghaltcha achetés autrefois ou de leurs enfants, toujours en état d'escla-
vage. En outre les pauvres vendent fréquemment leurs enfants aux
musulmans riches ou aux Chinois. On n'y voit rien de déshonorant.
Un jour, un individu nous amena cent cinquante petits garçons et
petites filles qu'il nous proposa d'acheter, comme s'il se fût agi de
moutons, à tant par tête l'un dans l'autre. Tout le monde fut très
étonné et quelque peu scandalisé de la réponse vive et sévère que nous
fîmes à cette offre. Une autre fois un pauvre homme nous présenta son
fils, un garçon de cinq ans et demi, très propre, très gentil, très bien
élevé, qui nous fit lui-même son boniment avec une bonne grâce par-
faite et dans la langue la plus pure, nous priant de l'acheter comme
esclave, assurant que cela ferait grand plaisir à son père et à sa mère
qui étaient dans le besoin, qu'il serait toujours plein de gratitude et
de respect pour nous, zélé à nous servir et mettrait son contentement à
nous contenter. Nous eûmes de la peine à consoler de notre refus le
père et le fils. Comme la vente en esclavage d'un musulman est inter-
dite par la loi religieuse, on use d'une fiction. On passe un acte d'après
lequel le vendeur déclare louer pour une période de cinquante ou
soixante ans les services du vendu, de façon que celui-ci ait ample-
ment le temps de mourir dans l'intervalle. La formule consacrée est :
خدمت اجارهسيني ساتتيم ، j'ai vendu le loyer de son service. Il en ré-
sulte que les enfants d'esclaves sunnites sont libres. Le père peut
vendre ses enfants n'importe à quel âge, mais s'ils sont majeurs leur
consentement est nécessaire. Il ne faudrait pas croire que ce consente-
ment ne puisse jamais se donner ; loin de là, car c'est un moyen de
créer des ressources à ses parents et de s'en procurer à soi-même. Un
esclave vaut de vingt à deux cents francs selon le sexe et l'âge, un
garçon valant plus qu'une fille, un homme dans la force de l'âge plus
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