国立情報学研究所 - ディジタル・シルクロード・プロジェクト
『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ
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| 0189 |
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 |
| 1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2 |
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riches que les sols vierges ou qui, du moins, n'ont pas été ensemencés
pendant plusieurs siècles, tel celui de Tchertchen, qui n'a pas besoin
de fumier pour produire plus que tout autre.
La latitude assez basse du Turkestan chinois combinée avec son
altitude considérable, la sécheresse de son atmosphère et ses saisons
nettement tranchées rendent le pays propre à des cultures très diverses,
à celles qui se contentent d'un climat tempéré comme à celles qui
exigent des chaleurs fortes et prolongées ; mais excluent les plantes
qui craignent les froids hivernaux ou réclament une grande humidité.
Les cultures supportent des altitudes très hautes ; le coton prospère à
Sandjou par 1,934 mètres, on rencontre le maïs jusqu'à Saybâgh par
2,260 mètres, le blé jusqu'à Polour (2,562) et à Loutch (2,900), les
3,070 mètres de Kara say, les 3,110 mètres de la bergerie d'Aytola
Khânem n'empêchent point l'orge de mûrir. Toutefois c'est dans la
région basse, au-dessous de 1,600 mètres, que sont concentrées toutes
les exploitations importantes.
La plus grande partie des terres est semée de céréales (boghâz)
parmi lesquelles la plus répandue est le maïs (konak اقو ناق) qui aime
un air serein, beaucoup de chaleur et un long été. Il sert à la nourri-
ture des hommes et des animaux et donne un produit plus considérable
que toute autre céréale. Il rapporte dans les terres médiocres 14 ou
15 grains pour 1 semé, soit de 22 1/2 à 24 hectolitres à l'hectare ; dans
les basses terres il rend 20 pour 1, quelquefois 30 (Oytoghrak), soit 32
et 48 hectolitres ; enfin à Tchertchen on obtient jusqu'à 50 pour 1,
c'est-à-dire 80 hectolitres. En France, le maïs donne 28 hectolitres
dans les Bouches-du-Rhône, 20 dans le bassin de la Garonne. Le maïs
se sème généralement tous les deux ans sur la même terre, tandis que
le froment n'est cultivé que tous les trois ans, sauf à Tchertchen où le
sol plus généreux permet de le faire alterner avec le maïs. De cette
manière les surfaces emblavées sont moindres que celles qui sont ense-
mencées de maïs. Le froment donne en moyenne dans toute la Kach-
garie de 8 à 10 pour 1, soit de 12 à 15 hectolitres à l'hectare. Les
meilleures terres de Khotan produisent jusqu'à 22 1/2 hectolitres,
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