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0193 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
Scientific Mission to High Asia 1890-1895 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / Page 193 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000197
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rencontre jusqu'à Tchakar, par 2,040 mètres d'altitude, les grenades
(anàr, انار) dont les meilleures sont fournies par Kerghalyk, les jujubes
(tchilàn, چيلان), les coings (bihi, بيهي), les amandes (badàn بادان), les
noix (yangak, يانغاق), les figues (andjir, انجير), les prunes (aloutcha et
djinasta) qui sont rares et médiocres, les mûres (udjma), les fruits de
l'olivier (bàgh djigda باغ جيكده) et de l'olivier sauvage (djigda, eleagnus
angustifolia). Les pommes, qui demandent une humidité constante, ne
rencontrent pas de bonnes conditions climatériques dans les oasis,
celles de Nia et de Sandjou ont pourtant une certaine réputation ; les
poires (almourt et nachbaty) ne valent rien. On ne connaît ni la cerise,
ni la fraise; quant aux orangers et aux citronniers, ils craignent trop
le froid de l'hiver pour se plaire en ce pays.

Les plantes oléagineuses peuvent faire la transition entre les cul-
tures alimentaires et les industrielles. Le lin (zighyr, زغير) n'est em-
ployé qu'à la fabrication de l'huile soit à manger ou à brûler, comme le
colza (ikhtchi kouki ايخچى كوكى) et la navette (zaghoun زاغون). Le sésame
(koundjout, كونجوت) sert également à la nourriture des chameaux
et le chanvre (kendir, اكندير) à fabriquer le hachich, qu'on prépare
avec les feuilles, et des cordes, qui se font avec les fibres. Le chanvre
est la plus répandue des plantes oléagineuses parce qu'on en tire le
hachich que l'on consomme en grande quantité dans le pays et que
l'on exporte avec grand profit surtout dans l'Inde.

Le tabac est assez abondant, mais de médiocre qualité, soit que le
terroir ne lui prête pas un arome très délicat ou qu'il soit mal soigné,
ou encore pour les deux causes à la fois. Il est inférieur à celui du
Turkestan russe. On ne lui fait pas subir d'autre préparation que de sé-
cher les feuilles et de les briser en menus fragments. Il n'est propre
qu'à la pipe à eau (tchilim) et ne brûle qu'à la condition de le laisser
sans cesse en contact avec un charbon allumé. Il coûte à peu près
un franc le kilogramme.

La principale des cultures industrielles, la plus importante de toutes
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