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0197 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
Scientific Mission to High Asia 1890-1895 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / Page 197 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000197
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mais que des hommes ingénieux ont depuis transformée en oasis au
moyen d'un puits. C'est le puits des Kalmak (Kalmak Koudouk),
autour duquel vivent aujourd'hui douze familles et croissent des melons
appréciés des connaisseurs. Ce modeste exemple, celui plus important
de Tchertchen, où en moins d'un siècle 1,550 hectares ont été recon-
quis à l'agriculture, celui de Lop récemment créé aux dépens des bois
marécageux du bas Tarim montrent ce qui pourrait être fait si les indi-
gènes étaient plus entreprenants et plus instruits, et si l'administration
chinoise était plus soucieuse d'améliorer le domaine qu'elle gère.

Nous avons dit que le bétail est rare. En effet, les oasis sont étroites,
entièrement consacrées à la nourriture des hommes ; il n'y a point de
place pour des prairies. Seulement la culture de la luzerne (beyda بيدا)
qui alterne avec celle des céréales, fournit le fourrage nécessaire aux
quelques animaux indispensables.

Les bœufs et les vaches sont en général d'une maigreur désolante,
les moutons sont étiques, les chevaux et les ânes respirent la misère
hormis de très peu nombreux chevaux de luxe. Il en coûte une assez
grosse dépense pour les tenir en bon état. Un cheval ne se rassasie pas
à moins de trois kilogrammes et demi de maïs par jour et de huit
bottes de foin à deux sapèques l'une en été, trois en hiver ; la dépense
oscille ainsi entre 0 fr. 50 et 0 fr. 75 par jour et il y a bien des gens
qui ont besoin d'un cheval sans avoir les moyens de consacrer une si
forte somme à sa nourriture. Les Chinois élèvent quelques porcs et
quelques mulets. Ceux-ci se vendent aussi cher que les meilleurs
chevaux. Les indigènes, qui mangent peu de volaille et d'œufs, n'élèvent
pas un grand nombre de poules. Ils les soignent mal et la chair en est
dure et peu savoureuse. Le prix en est modique, variant entre 0 fr. 20
et 0 fr. 45. On connaît le goût des Chinois pour la viande de canard.
La plupart des quelques canards que l'on nourrit dans le Turkestan
leur sont réservés ; aussi se payent-ils assez cher, de 0 fr. 65 à 1 franc.

En somme on ne fait point dans les oasis d'élevage proprement dit.
Le bétail y est importé des pâturages montagneux de la périphérie et
des maquis qui s'étendent le long des rivières de l'intérieur. Les plus