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0198 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
Scientific Mission to High Asia 1890-1895 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / Page 198 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000197
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importants de ces maquis sont ceux des Doulân, surtout ceux qui envi-
ronnent Maralbâchi. La production animale n'en est ni très consi-
dérable ni d'une qualité bien remarquable. Les pâturages des monta-
gnes valent mieux, ceux du nord sont supérieurs à ceux du sud, et
ceux du versant russe à ceux du versant chinois, qui reçoivent beau-
coup moins de pluie. Les Kyrghyz de l'Alay et du Tien chan nourrissent
des bêtes à cornes, des moutons à grosse queue (dounbah koy, دونه قوی)
à la laine médiocre, mais riches en chair et en graisse, des chameaux
et des chevaux. Ce sont eux qui fournissent de chevaux les gens de la
plaine. Un cheval de bât jeune et en bonne forme se vend à Kâchgar
de 100 à 120 francs, un cheval de selle de 150 à 300 francs. Les prix
sont un peu plus élevés à Khotan où il est d'ailleurs assez difficile de
s'en procurer. A Koukyâr sur le versant oriental du Pamir, il y a des
chameaux renommés, à deux bosses et de grande taille; un beau cha-
meau, jeune et gras, se paye en moyenne 200 francs. Les montagnes
qui sont au nord du Karakoram, généralement rocheuses et dénudées,
ne nourrissent que peu de bétail. Sur les pentes septentrionales de
l'Altyn tâgh on rencontre quelques excellents pâturages. Les premiers
plans des montagnes sont toujours arides et poudreux, on n'y voit
que quelques maigres oasis au fond des vallées, çà et là des plantes
désertiques, dures, souvent salées, bonnes aux chameaux, mais non
assez abondantes pour nourrir une quantité notable de ces animaux.
A mesure qu'on s'élève et qu'on s'éloigne de la plaine, l'herbe appa-
raît de moins en moins rare sur les flancs des collines, sèche d'abord,
jaune et clairsemée, puis de plus en plus verte, humide, drue et savou-
reuse. Les véritables pâturages ne commencent qu'à quelques lieues au
nord de Polour. Kara say est situé exactement à la limite des sables,
la route entre cette localité et Atchân trace à peu près la ligne de
démarcation entre le désert au nord et les pâturages au sud. Les
montagnes qui s'étendent au nord du Tchertchen daria, au sud-est de
Tchertchen, sont absolument dépourvues de végétation; les troupeaux
ne trouvent de quoi vivre que dans les monts des Tokouz Davân, au
sud de la rivière. Les herbages sont ainsi très élevés, au-dessus de