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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0215 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / 215 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000197
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roungkâch; la soie grège coûte 40 tengas achetée directement chez le
producteur à Kéria ou à Youroungkâch, 50 sur le marché de Khotan,
62 1/2 sur celui de Kâchgar, soit respectivement 15 fr. 66, 19,60 et
25,48 le kilogramme. Pour la teinture des fils on a remplacé les couleurs
végétales, sauf l'indigo, par des couleurs minérales russes et alle-
mandes. Avec la soie du pays on fabrique une étoffe dite chahi, fort
inférieure aux soieries chinoises. Elle vaut 1 fr. 34 le mètre sur
0m,35 de largeur. Pour 20 francs une femme a une robe de chahi. Dans
la province de Khotan deux cents ateliers, dont aucun n'a plus de trois
ouvriers sans compter le patron, sont occupés à la fabrication de cette
étoffe et produisent mille pièces de 6m,30 par semaine. La production
annuelle s'élève ainsi à environ 440,000 francs. On fait encore avec la
soie un tissu épais et rêche (tchekmen) qui se paye 4 francs le mètre
(larg. = 0m,33) et une autre étoffe dite machrou (مشرو) dont la
chaîne seule est de soie, la trame étant de coton. Elle est ornée de des-
sins d'aspect étrange et est fort appréciée des femmes qui s'en font des
tchapân d'une valeur de 8 à 9 francs.

La laine est fournie en abondance par les pâturages des montagnes
et des forêts. Le prix en a beaucoup augmenté depuis 1887. Celle de
printemps plus fine et moins solide coûte 50 francs le quintal dans la
montagne, 56,25 à Khotan; celle d'automne vaut un quart en sus
(62,50 et 71). La meilleure laine est celle des environs de Khotan,
mais c'est Tourfan qui produit le meilleur duvet de chèvre de l'Asie
entière; il y coûte 62 fr. 60 le quintal. C'est de ce duvet que sont faits
les fameux châles de kachmir. Les marchands de Yârkend l'apportent
à Lé, où les Kachmiriens viennent le prendre; telle est la raison pour
laquelle ils l'appellent improprement laine du Tibet. Les tissus de
laine sont peu en faveur dans le Turkestan. On n'en use guère que dans
les cantons montagneux, à Tcherchen et à Tcharkalyk. À Khotan et à
Kerghalyk on ne fabrique, à ma connaissance, que des ceintures de
laine blanche. Mais les montagnards tissent une étoffe de l'espèce dite
tchekmen ayant l'apparence de la toile à voile. Elle est presque inu-
sable; on en fait des vêtements ou le plus souvent des grands sacs pour la
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