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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0231 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / 231 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000197
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OCR読み取り結果

quentée dans cette direction que le chemin de Yârkend à Lé par les
cols de Kiliân et de Karakoram. Les autres routes possibles étaient non
seulement négligées des marchands, mais interdites par l'administra-
tion chinoise, qui, dédaigneuse en principe du commerce, cherchait
avant tout à faciliter la surveillance et ne se souciait de rien tant que
de ne point encourir la responsabilité des brigandages qui pouvaient
être commis par certaines tribus écartées. La route du Karakoram,
passable pour des explorateurs, est détestable pour des négociants ;
elle s'élève à des altitudes considérables, supérieures à cinq mille
mètres, franchit six cols fort raides, dont trois sont impraticables aux
chevaux chargés ; elle est bloquée par les neiges, de novembre à
février, et le reste de l'année, les caravanes sont rares qui la parcou-
rent sans perdre quelques animaux d'accident ou de maladie, sans
avoir des caisses brisées et des marchandises gâtées par l'eau. Elle est
aussi longue que pénible ; elle se développe entre Yârkend et Lé sur
700 kilomètres et demande 26 journées de marche, dont neuf en pays
désert ; de Lé, qui, n'étant pas un centre fort actif, est moins un point
d'aboutissement qu'une étape, il faut encore atteindre Kaehmir par un
chemin à peine meilleur de 390 kilomètres¹, puis parcourir plus de
200 kilomètres en cinq ou six jours jusqu'à la première station de
chemin de fer à Raoul Pindi, qui se trouve ainsi à environ 1,300 kilo-
mètres et 46 jours de Yârkend. Les transports par cette route sont
naturellement très coûteux ; on prend 30 roupies pour un cheval entre
Yârkend et Lé, de plus il faut un yak pour traverser le Kiliân davan,
4 roupies, un autre pour franchir le Sa-ser la, 4 roupies, un troisième
pour passer le Kar-dong la, 2 roupies. Le transport d'une tonne de
marchandises revient ainsi à 47 roupies par 100 kilomètres, quatre
fois plus que sur les routes du Turkestan. Je néglige la cherté des
vivres dans une région peu habitée et peu cultivée ; à Kiliân le maïs se
paye 75 sapèques, à peu près trois fois ce qu'il coûte à Yârkend.

Depuis longtemps les Anglais cherchaient à se procurer une autre