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0239 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
Scientific Mission to High Asia 1890-1895 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / Page 239 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000197
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585 tengas, le profit net est donc de 132 tengas, soit un tiers du prix
d'achat. Au reste, l'argent n'étant nulle part en très grande abondance,
le trafic se fait le plus souvent par voie d'échanges. La vente au comp-
tant est rare, la clientèle s'acquitte à raison de dix tengas par semaine
et le marchand ne les touche pas toujours régulièrement ; de plus les
marchandises s'écoulent lentement, il faut souvent quatre ou cinq ans à
un négociant pour épuiser son stock. Le système des échanges est le
meilleur remède à un tel état de choses, mais il est plus à la portée des
grands marchands que des petits, et du commerce extérieur que de
l'intérieur.

Le commerce extérieur est surtout entre les mains d'étrangers qui
viennent eux-mêmes apporter des marchandises de leur pays et
remportent des produits indigènes. Ils sont rarement chefs de maison,
presque toujours ils sont simples représentants ou associés de négo-
ciants domiciliés en Chine, en Kachmir, en Inde, en Transoxiane. Les
trafiquants chinois se distinguent des autres en ce qu'au lieu d'être
réunis en des sérails, ils ont chacun leur installation à part, leur
magasin semblable à ceux que l'on voit dans les villes de la Chine
proprement dite, avec la même devanture de bois, les mêmes ensei-
gnes verticales, la même propreté, le même air de soin méticuleux,
la même ordonnance méthodique des paquets, des rouleaux, des
bocaux, des étiquettes. Ils triomphent dans la pharmacie, et tous les
Chinois semblent véritablement nés pour être apothicaires. Ils ne sont
nombreux que dans les villes où il y a pour le moins un tao-t'ai, à
Ouroumtchi, à Aksou, à Kâchgar, parce qu'alors ils trouvent une assez
grande quantité de compatriotes, partant de clients, fonctionnaires,
lettrés, domestiques, soldats, aventuriers. Ils vendent toutes les
denrées et les objets auxquels les Chinois sont habitués, dont ils ne
sauraient se passer, entichés qu'ils sont de la supériorité de leur
civilisation et peu capables de s'accommoder des us et coutumes
d'autrui : des conserves alimentaires de toute nature, des nids d'hiron-
delles, des ailerons de requin, des vers de mer, des poissons séchés
durs comme de la corne, du macaroni, des pousses de bambou, des