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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0241 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / 241 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000197
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OCR読み取り結果

des tasses à thé et des bols de qualité inférieure. Une tasse à thé peut
valoir deux tengas. Du thé, les Chinois se sont réservé le monopole
dans le Turkestan ainsi qu'en Mongolie et au Tibet. Le centre de ce
commerce est à Si-ning, où les représentants d'un syndicat de mar-
chands du Hou-nan est chargé de fournir aux Mongols et aux Turcs
tout le thé dont ils ont besoin. Il est interdit à tous autres négociants
de vendre la moindre feuille de thé. Ce thé de monopole est très
mauvais et très cher. Il est pressé en briques rectangulaires beaucoup
plus serrées et plus dures que celles que l'on vend au Tibet. Elles
pèsent les unes vingt onces (750 gr.), les autres quatre-vingts (3 kilog.)
et valent 3 1/2 et 14 tengas, soit 4 fr. 35 le kilogramme. Cependant,
les douaniers chinois, étant doués d'un zèle médiocre et d'une honnê-
teté peu scrupuleuse, laissent passer une assez grande quantité de thé
étranger, particulièrement de thé vert indien dont les indigènes sont
grands amateurs malgré ses propriétés débilitantes et son prix deux
fois aussi élevé que celui du thé de monopole. Outre les articles sus-
mentionnés, les Chinois vendent en Turkestan des selles et des harna-
chements, quelques bottes de cuir, un peu de cotonnades bleues et de
quincaillerie, quelques feutres de Si-ning, qui sont de qualité supé-
rieure. En échange, le Turkestan exporte en Chine à peu près toute
sa production de jade brut ou travaillé, les deux tiers de son or, une
assez grande quantité de cotonnades teintes, des bissacs (khourdjoun),
du papier, des tapis et des feutres à dessin. Il est impossible d'appré-
cier la valeur du commerce de la Chine avec le Turkestan ; on peut
dire seulement que la faible quantité des échanges est en partie com-
pensée par le haut prix de certains objets comme l'or, le jade, le thé et
les soieries.

Le trafic le plus important se fait avec l'Empire russe, qui a le
triple privilège d'avoir à sa disposition les routes les plus courtes et
d'avoir obtenu en 1880 un traité de commerce établissant une entière
franchise douanière sur la frontière du Turkestan chinois, et, enfin,
d'être favorisé par des primes à l'exportation qui sont égales aux frais
du transport entre Moscou et Kâchgar. Les commissionnaires ou sous-