国立情報学研究所 - ディジタル・シルクロード・プロジェクト
『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

> > > >
カラー New!IIIFカラー高解像度 白黒高解像度 PDF   日本語 English
0258 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / 258 ページ(カラー画像)

New!引用情報

doi: 10.20676/00000197
引用形式選択: Chicago | APA | Harvard | IEEE

OCR読み取り結果

rables — il y a celle des décimateurs pourvus de fonctions déterminées
et rétribuées, qui ont le droit de dire la prière à la mosquée en public
(pichnamaz, پیشنماز), les mouezzin qui font l'appel à la prière, les
professeurs ou simplement pensionnés de médressé, sortes de cha-
noines, les imâm ou curés de paroisse, les mouhtécib, commissaires de
police, les reis préfets de discipline, chefs des mouhtécib, les hâzi
ou juges, les mouftî ou jurisconsultes, les khatib, archiprêtres chargés
de l'oraison solennelle du vendredi dans les mosquées cathédrales, les
molla a'lam (اعلم), docteurs très savants, juges suprêmes d'une circons-
cription religieuse. Au temps où la Kachgarie fut pratiquement indépen-
dante, le clergé fut tout puissant et fonda un véritable gouvernement
théocratique sous la direction des descendants du Maître très vénéré,
Makhdoum A'zam le khodja. Il fut très riche, très orgueilleux, très borné
d'esprit et très vexatoire. Les mosquées possédaient d'importants biens de
mainmorte, de tous côtés avaient surgi d'innombrables saints à miracles
déjà enterrés ailleurs, mais qui furent ensevelis une seconde fois pour le
plus grand profit des pieux pensionnaires affectés à leur culte, large-
ment dotés, percevant la dîme de districts entiers. Les Chinois venus, ils
confisquèrent une grande quantité des biens du clergé irrémédiable-
ment hostile, le réduisirent à la portion congrue. Aujourd'hui les
ministres du culte ont diminué en nombre comme en fortune. Les prin-
cipaux d'entre eux qui, en général, ont succédé dans leur charge à
leur propre père et à une suite plus ou moins longue d'ancêtres, ont
conservé encore une haute situation. A la khân, molla a'lam de Kho-
tan, est un des hommes les plus riches du pays et le plus considéré;
son père était déjà juge suprême, sa mère descend des anciens rois de
Khotan. Outre ses biens personnels, il jouit d'un casuel considérable.
Il tient table ouverte, sa maison est une ruche bourdonnante de visi-
teurs qui viennent faire leur cour, de mollas subalternes, de fermiers et
de commissionnaires, de derviches et de mendiants, de protégés et de
clients, de domestiques et d'esclaves. Au reste trop grand seigneur pour
être lettré, c'est son secrétaire des commandements qui fait toute sa