国立情報学研究所 - ディジタル・シルクロード・プロジェクト
『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

> > > >
カラー New!IIIFカラー高解像度 白黒高解像度 PDF   日本語 English
0262 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / 262 ページ(カラー画像)

New!引用情報

doi: 10.20676/00000197
引用形式選択: Chicago | APA | Harvard | IEEE

OCR読み取り結果

à la dimension de cette marmite et à la succulence des moutons
qu'on y fait cuire.

Pour achever de passer en revue le personnel religieux il convient
de dire un mot des moines mendiants et errants, derviches, *kalendar*
ou *divâna*, qui sont organisés en un ordre à la tête duquel est placé un
*pir*. Ils ont renoncé au monde, ont fait vœu de pauvreté et parcourent
les rues et les routes en demandant l'aumône et en célébrant la gloire
de Dieu. Ce sont très souvent des vagabonds sans feu ni lieu ou des
fous qu'on traite avec bonté, avec un respect plus ou moins ironique
et qui, par suite, sont parfaitement inoffensifs. Il est d'ailleurs difficile
de distinguer *a priori* ceux qui sont vraiment affiliés à l'ordre monas-
tique des faux frères qui ont adopté le costume, le langage et les
manières des derviches authentiques. Ce costume consiste en une
tunique courte (djenda, جنده), faite de pièces et de morceaux
rouges, verts, bleus, jaunes, parsemée de petites touffes de fils, un
grand bonnet pointu (koulah, کلاه), un *tchiltâr*, faisceau assez épais
de longs cordons bruns qui servent de turban ou de ceinture à volonté et
enfin un bâton (aça). Quelques-uns seulement portent une culotte.
Ainsi accoutrés ils se promènent dans les lieux publics et les bazars, se
montrent dans les cours et les vestibules des grands personnages et
des riches marchands, ont leur franc parler, disent son fait à chacun en
un langage volontiers mordant et grossier. Ils ont une danse particu-
lière d'un rythme vif, violent qu'ils exécutent en chantant un cantique
pieux d'une voix ardente, passionnée, dont le refrain est générale-
ment : Ya Allah ! inchâh Allah ! Ils s'accompagnent d'ordinaire avec le
*sipay* et ils s'exaltent, tournent de plus en plus rapidement, chantant
sur un ton de plus en plus tragique et insensé jusqu'à ce qu'ils soient
à bout de forces. Les femmes exécutent quelquefois cette danse, et, en
ce cas, elles se serrent la taille avec une ceinture d'homme. Chose
curieuse ! j'ai retrouvé au fond du Tibet la même danse dansée par des
mendiants tibétains, avec les mêmes gestes, les mêmes jeux de phy-
sionomie et, sinon la même chanson, du moins le même air; seule-