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0263 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
Scientific Mission to High Asia 1890-1895 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / Page 263 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000197
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ment les mendiants tibétains se couvrent la figure d'un masque et
s'accompagnent de tambourins. La ressemblance est telle qu'elle frappa
nos domestiques musulmans non moins que nous et qu'ils se mirent à
battre la mesure en criant : Ya Allah ! inchâh Allah ! Il n'est pas pro-
bable que cette ressemblance soit fortuite.

Le clergé du Turkestan chinois, quoique déchu de son ancienne
omnipotence, a conservé une grande influence sociale qui reste la
pierre d'achoppement à l'établissement définitif de la domination chi-
noise. Le molla à'lam de chaque localité partage la prééminence avec
le bek et il est difficile de dire laquelle est la plus forte de l'influence
laïque ou de l'influence cléricale ; elle se pénètrent l'une l'autre à un
point dont nous nous faisons difficilement une idée en Europe où l'élé-
ment religieux et le laïque, beaucoup plus clairement séparés, ont
toujours une tendance à s'opprimer l'un l'autre. Chez les musulmans
la confusion du spirituel et du temporel n'amène aucunement l'anni-
hilation de celui-ci ainsi qu'au Tibet par exemple. Les deux éléments
sont trop intimement liés pour se faire tort l'un à l'autre ; ils ne sont
en somme que les deux faces d'une même chose. Les mollas ne sont
point populaires. On leur reproche leur avarice, leur âpreté à tirer
profit de la religion, leur zèle hypocrite, leur étroitesse d'esprit, la
dureté avec laquelle, dès qu'ils sont les maîtres, ils forcent le pauvre
monde à faire ses dévotions et à suivre à la rigueur une foule de pres-
criptions ennuyeuses. On se souvient que sous Yakoub Bek ils menaient
les fidèles à la mosquée à coups de bâton, châtiaient les femmes non
voilées et les hommes sans turban, coupaient le nez des fumeurs,
égorgeaient les femmes de mœurs légères. Un jour, le gouvernement
de Habiloullah Hàdji venait à peine d'être installé à Khotan, des
ivrognes furent surpris ; séance tenante, ils furent condamnés avec
celui qui leur avait vendu de l'eau-de-vie à avoir la tête tranchée. Aussi
le vulgaire dépense-t-il volontiers sa verve satirique à blasonner les
membres du clergé. « Deux mollas, dit le proverbe, font un homme,
un molla fait une femme. »

آیکی مولا بر کشی بر مولا خاتون کشی